© INTERNEDepuis mercredi matin, au coin du pont Saint-Michel, au coeur de la capitale, une plaque trône à la mémoire des Algériens tués par la police lors de
la manifestation du 17 octobre 1961. Les souvenirs de cette violente répression sont arrivés quelques heures après jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.Article lié :
Au micro, Jean-Pierre Brard, député apparenté PCF. Il interpelle mercredi après-midi le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants au sujet de la "reconnaissance du massacre d'Algériens". Ajoutant que le préfet de police de l'époque, Maurice Papon, était alors un "ami" de certains élus de droite, il conclut son propos ainsi : "Qu'allez-vous faire pour que la vérité éclate, qu'allez-vous faire pour que la mémoire du crime soit transmise, qu'allez-vous faire pour qu'enfin justice soit rendue ?". Remous sur les bancs de droite. Des remous qui vont bientôt se transformer en hurlements.
"C'est une provocation !"
Car la réponse de Jacques Floch va terminer de scandaliser les députés de droite. Tout de go, le secrétaire d'Etat affirme que les "Algériens étaient descendus dans la rue pour protester contre un couvre-feu instauré sur la base du faciès". "Ceux qui étaient Maghrébins n'avaient plus le droit de sortir à partir de 20 heures", ajoute-t-il, sous les huées des élus de l'opposition. "Scandale ! Scandaleux !", s'exclament-ils. Les députés RPR et DL, à l'exception d'une poignée d'entre eux, quittent alors l'hémicycle. Seuls les députés UDF restent dans les lieux.
"C'est une provocation alors que deux policiers ont été tués hier (allusion au drame de Plessis-Trévise, ndlr). Il faut rappeler qu'à l'époque, avant ces événements dramatiques, plusieurs dizaines de policiers avaient été assassinés", lâche Thierry Mariani (RPR) dans les couloirs de l'Assemblée. "Aujourd'hui, incriminer la police comme l'a fait M. Brard, un ancien communiste, c'est vraiment indécent, provocateur et déplacé". "Le gouvernement fait de cette affaire une affaire électorale", ajoute Claude Goasguen (DL). "Ce n'est pas digne d'une République. Le gouvernement travestit la vérité, c'était une période de guerre à l'intérieur de laquelle des policiers sont morts".
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