Schrameck n'est pas "intimidé" par l'Elysée

Par Philippe MATHON, le 17 octobre 2001 à 10h21 , mis à jour le 17 octobre 2001 à 10h31

Le directeur de cabinet de Lionel Jospin assume pleinement son rôle de "collaborateur politique", un statut qui, selon lui, ne l'astreint pas au devoir de réserve et de neutralité de la fonction publique évoqué par l'Elysée.

Olivier Schrameck, dircab de Jospin © INTERNE

Le directeur de cabinet de Lionel Jospin enfonce le clou. Rappelé à l'ordre la veille par l'Elysée, Olivier Schrameck a déclaré mercredi matin sur Europe 1 qu'il était un "collaborateur politique" du Premier ministre. Une façon de rejeter les "droits et les devoirs" des hauts fonctionnaires évoqués par la Présidence.

"Les préfets, les ambassadeurs, les recteurs, les directeurs d'administration centrale, ont un devoir de réserve et de neutralité, je l'ai moi-même eu en tant que secrétaire général du Conseil constitutionnel. Mais à Matignon, poursuit-il, je suis le collaborateur politique du Premier ministre à la tête d'une équipe qu'il anime politiquement et ma fonction consiste à formuler des appréciations politiques".

"Un débat public important"

Allusion à peine déguisée à l'action prêtée au "cabinet noir" tenu par le secrétaire général de l'Elysée Dominique de Villepin, Olivier Schrameck a soutenu que "jamais Matignon n'a pris l'initiative d'attaques ou de polémiques" depuis 1997. "Dans les cas très rares où je suis amené à formuler des propos publics, le service de l'Etat ne m'astreint qu'à trois règles : ne jamais trahir des secrets personnels ou d'Etat, garder un ton retenu et maîtrisé, et éviter les attaques contre les personnes et évidemment tout particulièrement contre la personne du président de la République", affirme M. Schrameck. "Je crois que mon livre respecte scrupuleusement ces trois principes".

L'homme justifie sa démarche littéraire par la volonté d'engager "un débat public important". "Je pense que notre République n'a pas besoin de serviteurs muets et j'ai surmonté auprès du Premier ministre suffisamment de crises qui ont frappé notre pays et suffisamment de difficultés pour ne pas être par tempérament et par volonté un homme intimidé", a-t-il ajouté.

Par Philippe MATHON le 17 octobre 2001 à 10:21
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