© INTERNELe ministère de la Défense a apporté une information inattendue lundi. L'hôtel de Brienne a convenu que "des "personnels (français) spécialisés dans le renseignement" se trouvent actuellement en Afghanistan en contact avec l'Alliance du nord (anti-taliban). "Il s'agit d'une tâche difficile et dangereuse pour ceux qui l'assurent, lesquels ont beaucoup de mérite", a commenté le ministre de la Défense, Alain Richard. "Depuis plusieurs semaines, a ajouté le porte-parole du ministère Jean-François Bureau, la priorité a été donnée aux renseignements et, dans ce cadre, les contacts avec l'Alliance du Nord (opposition afghane) ne sont pas nouveaux".
La formule employée par le ministère - "des personnels spécialisés dans le renseignement" -, relèvent les spécialistes, exclut qu'il puisse s'agir de militaires relevant du Commandement des opérations spéciales (COS) qui opèrent toujours en uniforme. Il pourrait en revanche s'agir de personnels appartenant à l'une des deux directions du ministère de la Défense -la Direction du renseignement militaire (DRM) et la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)- chargées de la collecte du renseignement et de la "guerre secrète".
Lundi matin, Alain Richard indiquait déjà que la France avait contribué à définir les cibles des frappes aériennes américaines, "par les moyens que vous pouvez imaginer", a-t-il dit. Il a précisé que "les satellites ne disent pas tout" et qu'il fallait "d'autres formes de repérage"."L'Alliance du nord n'est pas une alternative politique"
Par ailleurs, le ministre n'a pas manqué de provoquer la colère des députés français. Evoquant une consultation du Parlement, le ministre a en effet exclu un vote à l'Assemblée nationale sur le principe d'une intervention française. "Dans notre système constitutionnel, il n'y a pas de vote des députés sur l'entrée en opérations. Consultation veut dire autre chose que vote", a-t-il dit. Exit donc les revendications appuyées des députés de droite comme de gauche. "Nous ne sommes pas dans le même contexte que la guerre du Golfe", a simplement lâché Alain Richard.
Le ministre a estimé, par ailleurs, que "l'Alliance du nord n'était pas l'alternative politique en Afghanistan". Il a souhaité "un rassemblement de forces diverses représentatives de communautés et de groupes constituant l'Afghanistan, mais pas un seul de ces groupes, notamment un groupe qui a détenu le pouvoir en Afghanistan pendant quatre ans mais qui a laissé de bien mauvais souvenirs dans la population". "Prendre un seul des protagonistes, à savoir l'Alliance du nord, serait courir le risque de réalimenter les bases d'une guerre civile", a-t-il affirmé.
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