Supprimer le divorce pour faute

Par Jean-Philippe BAY, le 09 octobre 2001 à 09h06 , mis à jour le 09 octobre 2001 à 09h25

L’Assemblée Nationale pourrait adopter aujourd'hui un texte de loi visant à supprimer le divorce pour faute. Resteraient le divorce par consentement mutuel et le divorce pour "rupture irrémédiable du lien conjugal". Quant à la notion d'adultère, elle disparaîtrait totalement du code pénal.

Assemblée nationale © INTERNE

Les députés examinent aujourd’hui une proposition de loi visant à supprimer la procédure du divorce pour faute. "Il faut en finir avec le fléau social du divorce pour faute", déjà abrogé dans plusieurs pays européens, souligne l'auteur du texte, le député PS, François Colcombet. Si l'introduction en 1975 du divorce par consentement mutuel a constitué un progrès, près de la moitié des candidats au divorce (environ 340.000 par an) recourent encore à la procédure du divorce pour faute, avec tous les traumatismes qu'elle engendre pour les époux mais aussi pour leurs enfants et leur entourage. Production de constats d'huissiers, de correspondances privées, de témoignages parfois mensongers, escalade dans les accusations : la démarche s'achève souvent par un "double KO", note M. Colcombet, le juge décidant, une fois sur deux, de prononcer le divorce aux torts partagés.

Un divorce plus simple

Si le texte est adopté, les quatre procédures de divorce actuelles - sur requête conjointe, sur demande d'un des époux acceptée par l'autre, par rupture de la vie conjugale (au bout de six ans) ou pour faute - seront remplacées par deux : le divorce par consentement mutuel et le divorce pour "rupture irrémédiable du lien conjugal", qui pourra être demandé unilatéralement. Les délais seront par ailleurs raccourcis et la médiation est introduite en cas de contestation, par l'un des conjoints, du caractère irrémédiable de la rupture du lien conjugal.

A la demande notamment des associations féministes et de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée, la notion de faute n'est pas purement et simplement supprimée. En effet, même si l'adultère devrait disparaître, le texte prévoit que le conjoint victime de faits "d'une particulière gravité" (violences physiques ou morales...) pourra les faire constater dans le prononcé du divorce et réclamer des dommages et intérêts. Même si ce texte ne soulève pas de contestations majeures au sein de l'assemblée, son vote effectif pourrait ne pas intervenir avant les prochaines élections présidentielles.

Par Jean-Philippe BAY le 09 octobre 2001 à 09:06
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