"Tuerie du Verger" : Serge Fortin devant les assises

Par F.A., le 23 octobre 2001 à 18h27 , mis à jour le 22 octobre 2001 à 18h35

Deux ans après les faits, l'auteur du coup de folie sanglant survenu près de Rennes est jugé par la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine. En septembre 1999, il avait tué quatre voisins.

vignette justice © INTERNE

6 septembre 1999. Le Verger, petite bourgade résidentielle de 1 000 habitants à l'Ouest de Rennes, va se transformer en lieu de massacre. Serge Fortin, un résident sans ami dans la localité, est en effet victime d’un coup de folie. A la mi-journée, sans raison apparente, ce soudeur sans emploi de 47 ans s'attaque à ses voisins. Dans une première habitation, il fait feu avec une carabine 22 long rifle sur une femme de 73 ans et sa fille de 52 ans, les blessant mortellement. Le fils et petit-fils des deux femmes, âgé de 19 ans au moment des faits, est blessé. Mais il s'en sort en feignant d'être mort.

Puis le forcené change d'arme, délaissant la carabine pour un fusil de chasse de calibre 12. Il pénètre dans une deuxième maison. Il y tue un couple de retraités. Leur fils s'échappe par une fenêtre avant de donner l'alerte. Il se dirige alors vers une troisième habitation dans l'intention de tuer ses deux occupants. Sa propre mère, en pleurs, le supplie de mettre fin à son périple meurtrier. Et parvient à le convaincre de rentrer chez lui. Serge Fortin pense ensuite à se suicider. Vers 16 heures, il est localisé et sa demeure encerclée par les gendarmes. Il tire sur deux d'entre eux, mais rate ses cibles. Il est finalement maîtrisé peu après minuit.

"Partir seul, c'est con"

Aux enquêteurs, Serge Fortin, réputé sans ami ni travail, déclare : "Je me suis dit que j'allais en emmener quelques uns avec moi, partir seul c'est con". Pour expliquer son geste, il fait état, sans vraiment étayer ses dires, de "rumeurs" colportées à son sujet par ses voisins, de critiques "sur son mode de vie", son désoeuvrement.

L'homme est décrit par un expert psychologue comme vivant dans un "état dépressif grave", avec une personnalité s'inscrivant "dans le registre pathologique de la paranoïa sensitive". Au moment des faits, Serge Fortin était atteint d'un "trouble psychique n'ayant pas aboli son discernement" : il est donc accessible à une sanction pénale. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Par F.A. le 23 octobre 2001 à 18:27
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