Vaste réponse policière à Amiens

Par Franck LEFEBVRE, le 19 octobre 2001 à 16h19 , mis à jour le 18 octobre 2001 à 16h29

Ce matin, une centaine de policiers sont intervenus dans les quartiers nord d'Amiens, 24 heures après le piège tendu à une patrouille. Quatre policiers y avaient été blessés par des plombs de chasse. M. Gacquière, délégué de l’intersyndicale de la police d'Amiens, dénonce sur tf1.fr un "manque de volonté politique pour résoudre le problème de l'insécurité".

operation amiens © INTERNE

Environ deux cents policiers, gendarmes, CRS et agents du GIPN ont mené ce vendredi matin une vaste opération dans le quartier du Pigeonnier, au nord d'Amiens. Le quartier a été bouclé à 6 heures du matin, plusieurs interpellations ont été effectuées et des armes auraient déjà été saisies. Cette opération est une réponse au piège tendu dans la nuit de mercredi à jeudi, dans ce quartier, à une patrouille. Quatre policiers avaient été blessés.

Leurs assaillants avaient brisé les lampadaires pour  mieux pouvoir les surprendre, avant de les éblouir à l'aide des phares de plusieurs voitures, comme l’a précisé Dominique Le Bras,  le procureur de la République d'Amiens. Au moins deux armes différentes - un fusil de chasse et une autre arme de  plus faible calibre - avaient été utilisées au cours de l’attaque.

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Sur le web :


Principaux syndicats de police :

SNOP
Synergie Officiers
Alliance
SNPT-UNSA
FPIP

 

A l’origine de cette fusillade : l’appel – sans doute factice – d’un automobiliste affirmant qu'il était "retenu en otage" par des hommes encagoulés et armés de bâtons, dans le quartier du Pigeonnier. Une patrouille de police, qui s’était rendue aussitôt sur place, n’avait découvert qu’un véhicule incendié… "En cas de violences urbaines, raconte M. Gacquière, le délégué de l’intersyndicale police d’Amiens, la procédure normale veut que l’on quadrille le secteur et que l’on tente de le boucler. Mais lorsque les policiers sont arrivés sur place, ils ont été accueillis par des jets de pierres de la part d’une vingtaine de jeunes. Ils ont essayé de les disperser en faisant usage de "flash-balls" – des balles en caoutchouc qui visent à étourdir – et de grenades lacrymogènes. Puis ils se sont faits tirer dessus une première fois, sans être atteints. Ils ont alors voulu repartir en arrière : deux véhicules se sont mis face à eux, phares allumés, les ont bloqués… Il y a eu une dizaine de coups de feu ; quatre policiers ont été atteints au visage".

"Faudra-t-il des morts pour réagir ?"

Légèrement blessés par des tirs d'une distance de 40 à 50 mètres,  les policiers ont été conduits à l’hôpital. Ils avaient tous pu regagner  leur domicile jeudi soir. Une enquête a été ouverte par le parquet d'Amiens. Ce guet-apens a suscité la colère des membres de l’intersyndicale de police d’Amiens, qui se sont réunis jeudi après-midi. "Il y a deux jours deux collègues étaient assassinés à Plessy-Trévise. Hier soir, c’est une tentative d’homicide dirigée contre les forces de l’ordre qui a eu lieu", rappellent-ils dans un communiqué, avant de s’interroger : "Faudra-t-il des morts à Amiens pour que les pouvoirs publics réagissent ?" L’intersyndicale exige que l’insécurité soit "consacrée Grande cause nationale". "Ce que nous réclamons avant tout, s’insurge M. Gacquière, c’est que la loi soit appliquée. Mais nous avons l’impression d’un réel manque de volonté politique pour résoudre ces problèmes".

"Ces actes sont d'une extrême gravité. J'y vois le franchissement d'un nouveau  palier dans la violence urbaine", a déclaré pour sa part le préfet de Picardie,  Daniel Cadoux. "Mais j'y vois aussi le contrecoup d'une opération de police réalisée la  veille. Ces incidents témoignent d'une certaine façon des coups portés à  l'économie souterraine". Mardi en effet, dans le cadre d'une opération entamée il y cinq mois, la police avait démantelé un trafic de voitures volées et procédé à trois interpellations dans le quartier. Au total, six personnes soupçonnées d'appartenir à ce réseau, spécialisé dans le vol de grosses berlines en Belgique, avaient été arrêtées dans plusieurs régions de France. Les syndicats de police estiment aussi que ces violences pourraient être "une sorte de représailles".

Par Franck LEFEBVRE le 19 octobre 2001 à 16:19
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