"C'était le troisième homme..."

Par Philippe MATHON, le 30 novembre 2001 à 11h33 , mis à jour le 30 novembre 2001 à 11h47

Auteur de nombreux ouvrages de référence sur les Beatles, Jacques Volcouve revient pour tf1.fr sur la carrière de George Harrison.

harrison lennon beatles musique © INTERNE

Jacques Volcouve est le fondateur du Club des 4 de Liverpool, le Fan Club français des Beatles. Véritable historien des Scarabés (1), il retrace pour tf1.fr la vie de George Harrison.

tf1.fr : Quels souvenirs conserverez-vous de George Harrison ?

Jacques Volcouve : Au temps des Beatles, il a été le premier à s'intéresser à l'Inde et aux musiques traditionnelles. Guitariste et chanteur, il a introduit le sitar dans le rock avec une démarche sincère. C'était dans Norwegian Wood, une chanson de John Lennon figurant sur l'album Rubber Soul (1965). L'année suivante, il composera une chanson intégralement à partir de musique indienne, Love you to.

Harrison était le plus jeune des Beatles. Comme ses camarades, il était originaire de Liverpool. Il partageait avec eux cet humour si particulier. Désintéressé et fidèle par rapport au continent indien, il a été l'un des premiers à organiser un grand concert de charité. C'était pour le Bangladesh, en 1971. Ensuite, ses albums ont connu des hauts et des bas. La plupart du temps à cause de lui, d'ailleurs. Il était très souvent bougon, refusant de jouer le jeu du rock'n roll qui consiste à faire la promotion de ses albums ou à faire des interviews.

tf1.fr : George Harrison était-il un Beatle secondaire ?

Jacques Volcouve : C'était le troisième homme… Il nourrissait un fort complexe par rapport aux capacités créatrices de Lennon et Mc Cartney. Mais il a tout de même composé de superbes chansons comme Something ou While my guitar gently wheeps. Toute sa vie, il est resté dans l'ombre de l'univers des Beatles. Il n'a jamais su se montrer à la hauteur de ce qu'ont été les Beatles, contrairement à Paul Mc Cartney qui a assumé son passé.

Harrison était à la fois ténébreux et généreux. Il pouvait ordonner à ses avocats de faire un procès à tel ou tel - souvent pour des raisons stupides - gardant jalousement ses droit d'auteurs, et produire dans le même temps un film des Monty Python, La vie de Brian.

tf1.fr : Il a connu une affaire de plagiat…

Jacques Volcouve : En 1970, sa carrière solo débute sur les chapeaux de roue avec le superbe All things must pass. L'album comporte le célèbre My sweet lord, un titre au succès mondial largement inspiré d'un titre des Chiffons, un groupe pop des années 60. Tellement inspiré, d'ailleurs, que Harrison sera condamné pour plagiat par les tribunaux. Une sanction un peu injuste tant My sweet world transcendait la version originale, pas très intéressante.

tf1.fr : Un album à conseiller ?

Jacques Volcouve : Définitivement, All things must pass, son premier album solo. C'est la meilleure approche que l'on puisse avoir pour découvrir Harrison. Ironie du sort : cet album a été réédité sous la forme d'un coffret au début 2001. Harrison aura donc entamé sa carrière solo et fini sa vie avec cet album : Tout a une fin.

 

Par Philippe MATHON le 30 novembre 2001 à 11:33
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