© INTERNELe prix Goncourt 2001 a été attribué à Jean-Christophe Rufin pour son roman Rouge Brésil (Gallimard), au 10ème tour de scrutin, a annoncé Didier Decoin à l'issue de la délibération du jury au restaurant Drouant à Paris. L'ouvrage raconte la conquête du Brésil par les Français à la Renaissance.
Quant au prix Renaudot, il récompense Martine Le Coz pour Céleste (Le Rocher), au premier tour de scrutin avec 5 voix contre 3 à Michel Braudeau pour L'interprétation des singes (Stock). Le roman de Martine Le Coz était annoncé comme le grand favori, d'autant que son éditeur n'avait pas reçu de prix depuis plusieurs années, et s'était fait souffler de peu le Renaudot l'an dernier. Par ailleurs, le prix Renaudot de l'essai a été décerné à Simon Leys pour Protée (Gallimard).
Un 2e Goncourt pour Rufin
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Le parcours de Jean-Christophe Rufin est marqué par l'engagement et les voyages. Né à Bourges en 1952, le lauréat du Goncourt 2001 a suivi des études de médecine avant d'entrer à Sciences Po. Une double formation qui l'a amené à occuper des postes au sein de grandes organisations humanitaires (Médecins Sans Frontières, Croix-Rouge française) et de cabinets ministériels, auprès du secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme Claude Malhuret en 1986 puis auprès de François Léotard, ministre de la Défense, comme conseiller spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations Nord-Sud, de 1993 à 1995. Il sera ainsi amené à se rendre en Tunisie, en Erythrée, au Brésil, au Nicaragua...
Directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques, il conduit la mission humanitaire française en Bosnie en 1993. Il fait libérer onze otages français détenus par les Serbes de Bosnie en sympathisant avec les geôliers et en s'obligeant à boire avec eux, indique le magazine Lire sur son site Internet.Son roman L'Abyssin obtient en 1997 le prix Goncourt du premier roman et le prix Méditerranée. c'est également un grand succès public, avec plus de 300 000 exemplaires vendus et 19 traductions. En 1999, Les Causes perdues remporte le prix Interallié au premier tour avec 6 voix sur 10.
"Céleste", l'amour sous la Monarchie de Juillet
Martine Le Coz a écrit avec "Céleste" un roman d'amour entre un vieux médecin et une jeune fille, mais aussi un récit historique dont l'action se déroule dans les années 1830, sous la Monarchie de juillet. En 1832, l'épidémie de choléra fait rage. Lodran, fils d'esclave né à Haïti, parent d'Alexandre Dumas, est médecin à l'Hôtel-Dieu et guérit un prêtre: à côté du presbytère, vit un peintre, ami de Dumas, Paul Huet (qui a réellement existé). Paul est l'oncle d'une belle jeune fille "à la minceur extrême" et aux "yeux d'azur", Céleste, dont il est secrètement amoureux. Celle-ci n'a d'yeux que pour Lodran. Beaucoup plus âgé qu'elle, cet esprit humaniste souffrant du racisme des Parisiens aime en retour la jeune fille. Paul et Céleste vont en Normandie pour fuir l'épidémie puis reviennent à Paris : là, Dumas, malade, demande à Paul de faire venir Lodran à son chevet...
"Céleste" est écrit, assure l'éditeur, "par un écrivain qui possède l'intelligence de l'Histoire" et est "construit à partir d'éléments balzaciens". L'auteur a réussi à bien restituer l'atmosphère de l'époque sans l'alourdir de trop longues descriptions qui peuvent entraver la lecture de ce genre de romans.
Fille d'un éleveur de porcs et d'une chanteuse lyrique, Martine Le Coz, 47 ans, vit à Amboise (Indre-et-Loire). Elle est l'auteur d'une quinzaine de livres dont "Gilles de Rais, ignoble et chrétien", "Catherine D'Alexandrie", "Léo la nuit" et "Le nègre et la méduse" (déjà en lice en 1999 pour le Renaudot). Elle adore le dessin et exerce aussi comme graphologue.
Le site de l'Académie Goncourt
photo d'ouverture : AFP
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