© INTERNEIl n'avait rien dit au moment de la discussion budgétaire, espérant sans doute voir s'estomper la grogne des policiers. Las. Mercredi matin, suite à l'annonce, par les syndicats, de plusieurs manifestations dans les jours à venir, Daniel Vaillant a sorti de son chapeau pas moins de 700 millions de francs supplémentaires pour la police nationale, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2001. Une somme qui vient s'ajouter au milliard - programmé depuis le mois d'avril - approuvé lundi par les députés.
Evoquant un "effort sans précédent", le ministre de l'Intérieur considère qu'une partie de cette somme devrait servir à doter "chaque fonctionnaire affecté sur la voie publique d'un gilet pare-balles individuel", une des mesures prônées de longue date par les fonctionnaires. Mais avant d'être reçus - jeudi ou vendredi - par le directeur général de la police nationale puis par le ministre la semaine prochaine, les syndicats clament d'ores et déjà leur mécontentement. "On nous parle de 700 millions de francs, mais, au delà des effets d'annonce, quelles sont les mesures concrètes qui sont envisagées par le gouvernement ?, tonne auprès de tf1.fr Bruno Beschizza , secrétaire général de Synergie-Officiers. "Et surtout, quand ?", s'interroge-t-il.
"Rassembler tous les acteurs de la sécurité"
Jean-Luc Garnier, patron d'Alliance, syndicat majoritaire chez les gardiens de la paix, est encore plus catégorique. "Qu'est-ce que c'est que 700 millions ?", s'étrangle-t-il, interrogé par notre site. "La détresse des collègues est beaucoup plus psychologique que matérielle. Qu'on ne réduise pas notre détresse à une histoire de gilet pare-balles ! Cela fait des mois que je demande que la sécurité soit décrétée grande cause nationale. Tout le reste n'est qu'anecdote. Aujourd'hui, il faut placer à une même table tous les acteurs de la sécurité : policiers, magistrats, éducation nationale. C'est la seule façon de s'en sortir".
L'orée du tunnel pour ces responsables ? L'adoption d'un plan pluriannuel, "seul susceptible de prendre en compte la gravité de la situation". "Bien sûr, ça coûtera cher, reconnaît Jean-Luc Garnier. Mais je préfèrerai qu'on essaie d'éviter de tirer sur nous plutôt que de nous donner des gilets pare-balles..." "Il y a des problèmes matériels mais aussi des problèmes d'argents. Comment va-t-on les régler ?!, demande en écho Bruno Beschizza. Il assure : "Tant que le gouvernement ne donnera pas de solutions, on mettra du poulet dans la rue". Trois manifestations sont déjà prévues les 17, 21 et 22 novembre…
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