Inquiétude à Vitry pour la nuit de la Saint-Sylvestre

Par Philippe MATHON, le 31 décembre 2001 à 10h39 , mis à jour le 31 décembre 2001 à 10h55

Après la cinquième nuit de violence, les habitants de cette cité du Val-de-Marne redoutent le passage au nouvel an, traditionnel théâtre d'incendies volontaires. Une centaine de policiers seront mobilisés la nuit prochaine. La semaine dernière, plus de soixante véhicules sont déjà partis en fumée.

[Expiré] [Expiré] violence vitry police 29 décembre © AFP

Les jours se suivent et se ressemblent à Vitry. Pour le cinquième fois depuis mercredi, la ville a connu un nouvel accès de violence, dans la nuit de dimanche à lundi, entre 20h et 03h00. Cette fois, "seules" cinq voitures ont été incendiées dans un face-à-face entre jeunes des cités et forces de l'ordre. Un engin incendiaire a également été jeté du haut d'une tour en direction d'une voiture de police, sans la toucher, et un pétard a été lancé sur des pompiers.

 

       Référendum

La flambée de violence de Vitry intervient en plein débat sur la sécurité.

Les habitants sont en effet invités à se prononcer par référendum le 20 janvier sur la création d'une police municipale non armée composée de 70 hommes.

Depuis mercredi soir, le bilan est lourd : 63 voitures ont été incendiées et seule une quinzaine de jeunes ont été interpellés.

"Nous sommes inquiets"

Une situation pas vraiment rassurante pour les riverains. "Quand mon mari est rentré du travail, au petit matin, il a vu des voitures brûler près des immeubles du quartier de la Dalle Robespierre", a déclaré lundi matin une habitante du quartier. Rue Audigeois, près de la Dalle Robespierre, une R5 "vandalisée" et une camionnette à moitié carbonisée témoignaient lundi des violences de la nuit. "Nous sommes inquiets. Nous avons entendu les sirènes des pompiers dimanche soir. C'est dur pour les gens qui vont devoir sortir la nuit du Nouvel An", a ajouté un commerçant du centre-ville.

Alors que le maire communiste de Vitry en appelle au "sang-froid" et à la "sérénité" de la population, la préfecture du Val-de-Marne a mis les bouchées doubles afin d'éviter de nouveaux débordements, en cette nuit de la Saint-Sylvestre. Une centaine de policiers, dont deux sections de CRS, seront mobilisés. "Nous restons vigilants, affirme Jean-Pierre Balcou, sous-préfet à la ville, même si la situation à Vitry semble plus calme que les jours précédents". Entre le 31 décembre 2000 et le 1er janvier 2001, 17 véhicules avaient déjà été incendiés dans le Val-de-Marne, dont plusieurs à Vitry-sur-Seine…

Polémique

A l'origine de cette flambée de violence, le décès de Djelloul Belhaouas, 21 ans, originaire de Vitry et abattu mercredi alors qu'il tentait de braquer une agence BNP de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). "Djelloul Belhaouas était très connu de notre commissariat, a expliqué Jean-Yves Adam, commissaire principal. Il a été condamné à plusieurs reprises pour vol avec violence, braquage et affrontements avec les forces de l'ordre". Sa mère croit au contraire à la "bavure".

Photo AFP prise le 29 décembre à Vitry.

Par Philippe MATHON le 31 décembre 2001 à 10:39
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