Affaire du sel : Méneton n'a "rien à cacher"

Par Matthieu DURAND, le 11 janvier 2002 à 16h38 , mis à jour le 10 janvier 2002 à 17h09

Le Point annonce qu’un chercheur de l’Inserm, spécialiste de la surconsommation de sel, a été mis sur écoutes pour "atteinte à la sûreté de l’Etat". Une information démentie jeudi matin par le ministre de l’Intérieur. tf1.fr a recueilli la réaction du chercheur Pierre Méneton.

méneton pierre chercheur inserm u367 sel santé © INTERNE

Sur tf1.fr

Sel : démenti formel
du ministère de l'Intérieur

Une "sel" affaire d'écoutes

Vidéo :
Du rififi à l'Inserm

Vidéo :
Les règles de
la mise sur écoute

Sur le web

Le document présenté
par Le Point

Inserm

 

Plus de 200 ans après l’abolition de la gabelle, le sel redeviendra-t-il une affaire d’Etat ? Le magazine Le Point, dans son édition de vendredi, révèle que le scientifique Pierre Méneton a été placé sur écoutes pour "atteinte à la sûreté de l’Etat". Ce chercheur à l’unité U367 de l’Inserm aurait eu le "tort" de mettre en évidence les conséquences sur la santé d’une consommation excessive de sel. Le ministère de l'Intérieur a démenti "formellement" cette information jeudi matin. "Matignon n’a jamais reçu une telle demande d’écoute. Par ailleurs, le papier à lettres et la signature ‘Source secrète’ qui figure sur le document présenté par Le Point n’existent pas", a confirmé à tf1.fr une source gouvernementale. Au milieu de cette polémique, tf1.fr a obtenu le témoignage du principal intéressé : Pierre Méneton.

tf1.fr : Vous avez déclaré ce matin "ne pas avoir d’explications" sur cette affaire et "attendre des explications"…

Pierre Méneton : Tout le monde est étonné, moi le premier. Le ministère de l’Intérieur a démenti l’information mais je connais les journalistes qui ont écrit l’article, ils ont une réputation de sérieux extrême. A l’Inserm, on attend une éventuelle confirmation mais je ne suis pas naïf, je ne m’attends pas à ce qu’un ministère me dise : "C’est nous !"

tf1.fr : Si l’information du Point s'avère exacte, comment vivez-vous le fait d’avoir été et, peut-être, d’être toujours sur écoute ?

P. M. : Je n’y accorde pas une importance énorme. Je n’ai rien à cacher. Mais c’est quand même désagréable de penser que toutes mes conversations sont écoutées. A titre de citoyen, je m’interroge aussi sur de telles pratiques.

tf1.fr : Avez-vous déjà subi des menaces dans le cadre de vos travaux ?

P. M. : Depuis deux ans, je n’ai pas fait l’objet de menaces. Si pressions il y a eu, c’étaient alors des pressions avec un petit "p". En revanche, il est sûr que lorsque des travaux similaires ont été menés en Grande-Bretagne et en Finlande, il y a eu systématiquement des essais de barrages industriels ou des manipulations. C’est pour cela que cette information me surprend mais, en même temps, ce ne serait pas une nouveauté mondiale ! Je préférerais toutefois que ce problème d’écoutes passe au second plan par rapport au dossier de santé publique que représente la surconsommation de sel.

tf1.fr : Justement, vendredi, vous participez à un colloque international au ministère de la Santé sur le thème "Sel et santé". Vous attendez-vous à une plus grande couverture médiatique ?

P. M. : Je l’espère ! Au moins, on discutera des effets du sel sur la santé.

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Par Matthieu DURAND le 11 janvier 2002 à 16:38
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