Alain Juppé maintient son arrêté "anti-bivouac"

Par A.G. , le 29 janvier 2002 à 08h54 , mis à jour le 29 janvier 2002 à 09h09

Le député-maire de Bordeaux a décidé de maintenir l'arrêté interdisant "tout rassemblement d'individus pouvant troubler la tranquillité publique". Malgré les critiques de l'opposition et des intéressés eux-mêmes.

sdf © INTERNE

Que faire des SDF ou marginaux qui se regroupent dans les rues passantes et qui, même si la plupart ne sont pas agressifs, développent un sentiment d'insécurité chez les habitants? La question fait grandement débat à Bordeaux. Lors du dernier conseil municipal de la ville, Alain Juppé a décidé de maintenir son arrêté dit "anti-bivouac". Cet arrêté interdit chaque année, du 1er décembre au 1er mars et du 15 mai au 30 septembre, "toutes occupations abusives et prolongées des rues et autres dépendances domaniales (...) lorsqu'elles sont de nature à entraver la libre circulation des personnes ou bien (à) porter atteinte à la tranquillité et au bon ordre public".

L'opposition crie à la démagogie

Les Verts ont demandé le retrait de l'arrêté qualifié de "démagogique, dangereux et inutile car la loi pénale permet déjà largement d'interdire les regroupements d'individus pouvant troubler l'ordre public". Pour Gilles Savary, chef de l'opposition socialiste à Bordeaux, "il est inacceptable de laisser penser qu'on puisse régler les problèmes de sécurité en désignant une population". "Est-ce un délit de faciès que vous mettez en oeuvre?", a-t-il lancé lundi après-midi lors du conseil municipal.

Réinsertion et non exclusion

"Votre attitude", a répondu Alain Juppé, "relève d'un cliché qui voudrait que l'extrême droite refuse toutes les mesures d'insertion et de prévention et la gauche plurielle toutes les mesures de répression". Le premier magistrat de la ville a également indiqué que l'arrêté avait été pris à la demande de la police nationale. Et de citer en référence un arrêté pris à La Rochelle en 1995.

"Il ne s'agit pas de chasser les SDF du centre ville", explique le maire, arguant que dans les prochaines semaines, un système appelé "intérim insertion" va être mis en place par la municipalité. Son objectif est de permettre aux sans domicile fixe qui en font la demande de travailler, moyennant rémunération, à des tâches simples comme l'entretien des voies ferrées ou le nettoyage des jardins et parcs municipaux.

Par A.G. le 29 janvier 2002 à 08:54
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