© INTERNE"Depuis 1998 jusqu'en juin 2001, nous avons eu en tout trois accidents avec arrêt et très peu de presqu'accidents (...) malgré les extensions de capacité d'ammoniac, urée, acide nitrique, mélanine et les productions record demandées", écrit Serge Biechlin. Mais dans cette note rédigée la veille de l'explosion de l'usine, le directeur de l'usine poursuit : "cette période est révolue. Les résultats de sécurité se dégradent d'une manière intolérable". Sur la base de ce constat, une série de procédures visant à améliorer la sécurité est ensuite listée, depuis l'analyse de tout incident en présence de M. Biechlin, à des sanctions en cas de non respect des règles de sécurité. La note précise encore que, selon la gravité de l'infraction, une série de mesures allant de "faire cesser momentanément le travail" à "cesser nos relations avec l'entreprise concernée" est prévue.
Déclarations contradictoires
La découverte de cette note interne devrait peut-être permettre d'y voir un peu plus clair dans l'enquête visant à déterminer les raisons de l'explosion de l'usine qui a fait 30 morts le 21 septembre dernier. Souhaitant faire retomber la pression, Serge Biechlin a aussitôt déclaré que l'existence de cette note était connue depuis le mois d'octobre et que ce qui y est dit fait "partie de la vie normale d'une entreprise comme la notre et n'a rien à voir avec l'accident". Toutefois, ce qu'on y apprend est en contradiction avec les déclarations faites hier par le directeur de l'usine.
Lors d'un point presse, il avait de nouveau mis en avant le respect des règles de sécurité en vigueur sur le site et refusé que l'entreprise soit désignée "coupable par négligence" à ce stade des investigations. "L'exploitation du site était soumise à un arrêté préfectoral, édicté le 18 octobre 2000 et nous n'avions aucun retard dans les études de danger, qui ont fait l'objet d'un échéancier par les autorités administratives", indique Serge Biechlin pour qui "la sécurité était une préoccupation quotidienne".
Trois hypothèses en interne
Parallèlement à l'enquête judiciaire qui se poursuit, l'enquête interne à l'entreprise continue à examiner trois hypothèses. TotalfinaElf s'intéresse à une "contamination des nitrates d'ammonium par d'autres produits chimiques", "une explosion de l'unité de fabrication de nitrate d'ammonium entraînant la projection d'une masse métallique sur le stockage et sa détonation" ou "une explosion du stock de nitrate d'ammonium consécutive à des anomalies sur le réseau électrique".
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