© AFPDouze villes dans le collimateur
Pour la première fois, la barre des quatre millions de faits de délinquance constatés a été franchie en 2001. Officialisée à quelques semaines de l'élection présidentielle, dans une campagne marquée par les questions de sécurité et la réforme de la loi présomption d'innocence, cette hausse de près de 8% ( 7.69%) intervient après celle de 5,72% enregistrée en 2000.
Taux de délinquance de 68.88 pour mille habitants
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Du rapport, présenté ce matin par Patrice Bergougnoux et Pierre Steinmetz, les directeurs de la police et de la gendarmerie, il ressort que tous services confondus, le taux de délinquance (crimes et délits) de la France métropolitaine s'établit à 68,88 pour mille habitants en 2001. "Il s'agit d'un niveau très inférieur à celui de nos voisins, notamment allemands, britanniques et scandinaves, qui connaissent des taux de l'ordre de 100 pour mille", a commenté le directeur de la police.
La catégorie de crimes et délits la plus orientée à la hausse (+9,86%) concerne les "atteintes aux personnes". Le directeur de la police nationale a ainsi évoqué "l'apparition de nouvelles formes de délinquance d'appropriation", faisant notamment allusion aux vols de téléphones portables. Pour justifier la hausse de la délinquance, M. Bergougnoux a également avancé "les effets secondaires d'une meilleure présence policière sur le terrain", qui encourage les plaintes de victimes, et donc le nombre de faits enregistrés.
"Rurbanisation" de la délinquance
Les statistiques confirment par ailleurs et amplifient un phénomène brutalement apparu en 2000 : la "rurbanité" de la délinquance. En 2001, son augmentation est près de deux fois supérieure dans les zones péri-urbaines, voire rurales, que dans les grandes agglomérations et leurs proches banlieues. Le nombre de faits constatés par la seule gendarmerie a progressé de plus de 11% avec, là encore, le franchissement d'un seuil, celui du million de faits constatés, contre une hausse légèrement supérieure à 6,6% en zones de police.
"C'est le résultat de l'augmentation constante de la population résidant en zone gendarmerie, principalement dans les zones périurbaines où les caractéristiques de la délinquance sont très proches de celles rencontrées en zone police", a expliqué M. Steinmetz. Le directeur de la gendarmerie a parlé du rôle des "bandes urbaines" qui font des "raids" depuis leurs villes pour aller mener des actes délictueux dans un rayon de 50 à 100 kilomètres, le long des grands axes routiers.
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