Disparues d'Auxerre : plainte pour corruption passive

Par , le 29 janvier 2002 à 10h59 , mis à jour le 29 janvier 2002 à 11h02

La famille d'une jeune fille de 17 ans, disparue près d'Auxerre en 1987, porte plainte contre X pour corruption passive et trafic d'influence. C'est la première fois que ce motif est invoqué dans l'affaire des disparues de l'Yonne.

dossiers juge © INTERNE

"Il y a eu, à Auxerre, des gens corrompus qui ont permis à l'information d'être étouffée. Ces pratiques ont perduré pendant des années, sous le règne de plusieurs chefs de juridiction". C'est suite à cette déclaration, faite mi-décembre dans la presse par Daniel Stilinovic, substitut du procureur d'Auxerre de 1981 à 1984, que Jean-Pierre Laville (père d'une victime) a décidé de déposer une plainte contre X pour corruption passive et trafic d'influence.

La fille de Jean-Pierre Laville, âgée de 17 ans en 1987, avait disparu sur le chemin de l'école. Son dossier a été classé sans suite cinq semaines seulement après sa disparition. Pour ce père de famille, Daniel Stilinovic "donne l'impression de savoir des choses, il serait temps qu'il parle". "J'aimerais que ce magistrat dise ce qu'il sait, pour avoir enfin plus de transparence dans cette affaire, et savoir pourquoi le dossier a été clos si rapidement". Et de s'interroger : "Pour le compte de qui un magistrat ou un employé subalterne, peu importe, aurait-il accepté de prendre le risque d'étouffer des affaires aussi graves? Un homme d'affaire? Un potentat local? des hommes politiques plus influents?".

Négligences

Avant cette plainte, déposée le 8 janvier dernier, les parents de la jeune défunte ont déjà demandé en décembre 2001 au garde des Sceaux d'ouvrir une procédure pour entrave à la justice. Ils avaient appris que l'affaire avait été classée sans suite, alors que l'enquête des gendarmes excluait une fugue et concluait à la nécessité d'ouvrir une information judiciaire.

L'affaire avait été révélée en 2001 après que l'actuel procureur du tribunal de grande instance d'Auxerre avait constaté une série de "négligences" et la "disparition de la quasi-totalité" des dossiers d'information terminés par un non-lieu entre 1958 et 1982, concernant notamment des disparitions de mineures.

Par Alexandra Guillet le 29 janvier 2002 à 10:59
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