© INTERNECela n'est pas un discours de campagne, dit-on dans l'entourage du président. Pourtant, il en a tous les attributs. Présentant samedi ses voeux aux Corréziens, Jacques Chirac a évoqué avec véhémence les "mille douloureuses blessures de l'insécurité". Venu à Tulle avec son épouse Bernadette, conseillère générale RPR du canton de Corrèze, le chef de l'Etat a dénoncé "le sentiment de plus en plus partagé, dans les villes comme dans les campagnes, que les actes les plus simples de la vie ordinaire - aller à l'école ou au collège pour les enfants, se déplacer dans la rue, tenir son commerce, exercer son métier, surtout si l'on est médecin, infirmière, pompier ou membre des forces de l'ordre, garer sa voiture devant chez soi - sont en eux-mêmes facteurs de risques".
"Quand les dysfonctionnements se multiplient et que tant d'agressions et de délits restent impunis, a-t-il dit, quand les inégalités se creusent entre les citoyens privilégiés, ou mieux protégés, et les autres, quand le sentiment d'insécurité devient souvent un sentiment d'abandon, quand l'autorité de l'Etat subit des atteintes répétées, il est temps de réagir avec vigueur".
L'Etat doit faire preuve d'autorité
"La loi est l'expression de la démocratie, c'est-à-dire de la volonté du peuple. Elle s'impose à tous et sur tout notre territoire. Veiller à son observance, empêcher que se développent des zones de passe-droit, voire de non-droit, est l'une des premières missions de l'Etat" qui "doit être mieux assumée". Pour le président de la République, "c'est à l'Etat de faire preuve d'autorité, de manifester une vraie volonté politique, et de donner à la justice les moyens de son efficacité". "C'est au législateur de légiférer pour que force reste à la loi. C'est à chaque Français de la respecter et d'apprendre ce respect à ses enfants", a affirmé M. Chirac, en soulignant que "la santé civique de la Nation dépend de la liberté et de la sûreté dont jouissent les citoyens". "Premier garant de notre cohésion nationale", l'Etat est "en charge de la solidarité, une solidarité vigilante qui ne doit laisser passer personne à travers les mailles du filet", a-t-il conclu.
La réplique d'Hollande
Une intervention à laquelle François Hollande, premier secrétaire du PS, mais aussi député-maire de Tulle depuis mars 2001, a répliqué que "ce sursaut, c'est celui que nous aurons en changeant de président, c'est là que chacun sursautera en se disant que l'échéance a été respectée".
Et d'attaquer : "Celui qui depuis sept ans exerce la fonction éminente de chef de l'Etat peut-il encore se contenter de questions, d'interrogations, de voeux, par rapport à ce qui relève de l'autorité de l'Etat?", s'est interrogé le premier secrétaire du PS. Qu'avez-vous fait de l'autorité de l'Etat, du respect de la loi, des grands principes de solidarité pendant tout le temps qui vous a été donné de votre présidence?", a-t-il ajouté, avant de conclure: "S'il n'en a rien fait, à quoi servirait d'être de nouveau candidat".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




