Jospin "disponible" mais pas encore candidat

Par Franck LEFEBVRE, le 28 janvier 2002 à 17h10 , mis à jour le 27 janvier 2002 à 17h27

Dimanche à la Mutualité, Lionel Jospin s'est dit "disponible pour les rendez-vous politiques à venir". Mais selon lui, "le temps de la campagne n'est pas encore venu". Il a pourtant saisi l'occasion de ce discours pour ironiser sur les consultations politiques menées ce week-end par Jacques Chirac.

jospin mutualite © INTERNE

Il ne l’a pas dit… mais, promis, il va le dire. Dimanche, devant les secrétaires de section du PS réunis à la Mutualité, le Premier ministre et candidat encore non déclaré Lionel Jospin a affirmé qu'il se rendait "disponible pour les rendez-vous politiques à venir", même si "le temps de la campagne n'est pas encore venu". Disponible mais non encore candidat, que fait donc Lionel Jospin ? "Je m'efforce de pressentir ce que sont les attentes des Français, je réfléchis, j'échange, j'écris". Evoquant ceux qui le "sommeraient de commencer" dès maintenant, il a refusé que "tout le premier semestre de 2002 soit consacré à un débat électoral". Rappelant les dates officielles de début de campagne (5 avril) et des votes (21 avril et 5 mai), il a estimé que "le temps prévu suffira largement".

Même s’il s’en défend encore, les propres mots du Premier ministre le montrent déjà en lice pour la bataille électorale. Il avoue ainsi "son envie de revivre" avec les militants socialistes "l'émotion des grandes réunions publiques (...) et la tension quand approche le verdict des urnes". Et la virulence de son discours vis-à-vis de la droite en général, et de Jacques Chirac en particulier, est tout aussi révélatrice.

Sur la droite, dont le programme, selon Jospin, est "très directement inspiré par le programme du Medef" : elle "ne reviendra jamais à la thématique improvisée de la fracture sociale", qui était le symbole de la campagne de Jacques Chirac en 1995. Et Lionel Jospin d’enfoncer le clou en affirmant qu’il ne croit pas que "le fil de la ‘fracture sociale’ puisse être renoué parce que "ce qui a été brisé, c'est le fil de la sincérité et de la confiance". Sur Jacques Chirac : le Premier ministre a ironisé sur les consultations politiques du président menées ce week-end. "Rive droite dans un palais se tiennent des réunions discrètes mais très médiatisées et dont on ne sait rien (...) Ici à la Mutualité, c'est au grand jour, selon nos formes et nos méthodes que tous les responsables du PS sont rassemblés devant les médias pour préparer les rendez-vous qui viennent. De fait, un temps nouveau s'approche. Dans moins de 3 mois et demi, il y aura un nouveau président élu et je ne crois pas que cela doive être le même".

Photo d'ouverture : Lionel Jospin, dimanche 27 janvier, lors de son discours à la Mutualité - DR

Par Franck LEFEBVRE le 28 janvier 2002 à 17:10
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