Larbi : la version du meurtrier présumé

Par F.A., le 08 janvier 2002 à 21h44 , mis à jour le 07 janvier 2002 à 21h59

Alain Diaz, l'homme soupçonné du meurtre du jeune garçon, a donné aux enquêteurs sa version des faits. Il admet que Larbi est mort à son domicile. Mais il nie l'avoir tué, affirmant qu'il s'agit d'un accident.

larbi disparu © INTERNE

Alain Diaz, mis en examen pour "enlèvement, séquestration et homicide volontaire" dans l'enquête sur l'assassinat de Larbi, a donné sa version des faits au juge d'instruction. Selon Sylvie Reulet, l'avocate de la famille, il a reconnu que le petit Larbi, retrouvé  le 19 décembre à la cité des Aubiers à Bordeaux, était bien mort chez lui le 4 décembre. Tout en admettant qu'il s'était débarrassé du corps le soir même de sa disparition, il nie fermement avoir tué l'enfant de dix ans.

Lors de son audition par le juge d'instruction, Alain Diaz aurait déclaré que l'enfant était passé chez lui la veille du meurtre pour lui vendre ses billets de tombola. Larbi serait revenu le 4 décembre à midi, "pour jouer à la playstation". Alain Diaz l'aurait alors laissé pour aller déjeuner dans sa cuisine. En revenant, il l'aurait trouvé "évanoui". Il l'aurait ensuite assis sur les marches de l'escalier qui monte à sa chambre et c'est alors que "l'armoire de la salle de bains lui est tombée sur la tête", selon le dossier communiqué à la partie civile. "J'ai essayé de le réanimer" assure le suspect pour expliquer pourquoi il avait déshabillé l'enfant. Alain Diaz affirme qu'il est ensuite allé dormir à l'étage de son minuscule appartement en duplex. Quand il s'est levé, vers 18H30, il a retrouvé l'enfant "raide et froid" sur son canapé. Pour l'instant, les autopsies ont seulement permis d'établir que l'enfant était mort par asphyxie sans déterminer les causes exactes du décès.

Agression sexuelle ?

Alain Diaz, déjà condamné dans le passé pour des actes de pédophilie, nie toute agression sexuelle. Il reconnaît néanmoins avoir éjaculé près du cadavre. Il aurait ensuite chargé le corps dans un vieux caddie de supermarché avant de le camoufler dans des ordures puis d'aller le cacher sur le terrain vague voisin. 

Deux jours plus tard, il se présentait aux urgences psychiatriques de Bordeaux et demandait à être hospitalisé. Alain Diaz souffrait de troubles mentaux mais ne faisait plus l'objet d'un suivi médico-psychiatrique depuis novembre 2000, selon le parquet de Bordeaux. Selon Me Reulet, il est entièrement responsable de ses actes : avec ces "aveux calculés", son système de défense "laisse penser qu'il a conscience du crime odieux qu'il a commis", a-t-elle déclaré. Au moment des faits, il était seul chez lui, sa compagne étant à l'hôpital. "Les policiers ont été mis sur sa piste dès que le corps a été retrouvé", a déclaré Me Reulet, qui a tenu à "rendre hommage aux services de police" et à la "grande pertinence du juge d'instruction" en charge du dossier. C'est en effet en analysant les détritus qui entouraient le corps de l'enfant que les enquêteurs du SRPJ de Bordeaux ont trouvé la piste d'Alain Diaz qui a été placé en garde à vue le 3 janvier.

"L'instruction continue, d'autres investigations sont en cours", a indiqué Me Reulet. Désormais, les parents du petit Larbi veulent récupérer le corps de leur fils pour le rapatrier au Maroc où il sera inhumé.

 

Par F.A. le 08 janvier 2002 à 21:44
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