© INTERNEEn cette fin d'année 2001, se cachait-il un père noël sous la robe rouge des magistrats du parquet de Lyon ? A la surprise générale, Michel Vallérie aura passé les fêtes au grand air. Agé de 55 ans, ce trafiquant de drogue multirécidiviste sous le coup d'une condamnation à 14 ans de prison, a bénéficié d'une remise en liberté le 26 décembre par la cour d'appel de Lyon.
"Manque de motivation"
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Amenée à statuer en appel sur la demande de remise en liberté de ce membre du "milieu" cannois, la cour avait estimé que son maintien en détention était "insuffisamment motivé" dans le jugement de première instance, comme l'exige l'article 464-1 du code pénal, explique Le Progrès dans son édition de samedi. De quoi énerver les policiers lyonnais. "Sans être répressif à tout crin, je ne peux pas me satisfaire de cette décision. Mais si l'on commence à tout prendre dans le plexus, on ne peut plus travailler, or nous avons le sens du métier", explique l'un d'entre eux.
Considéré comme le "cerveau" d'un réseau de trafic de cocaïne démantelé par le SRPJ de Lyon en février 2000, Vallérie, en état de "récidive légale", avait été condamné à une peine de quatorze ans d'emprisonnement assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Après des mois d'enquête et de filature, il avait été pris en flagrant délit en possession d'un kilogramme de cocaïne.
Son coprévenu, Patrick Lambert, condamné à cinq ans de prison, a été également remis en liberté pour le même vice de forme.
Loi des séries ?
La cour d'appel de Lyon n'examinera l'affaire sur le fond qu'en avril prochain. Mais l'accusé se présentera-t-il à l'audience ? Peu de chance. "L'affaire Vallérie" en rappelle bien d'autres. En octobre dernier, Jean-Claude Bonnal dit "le Chinois", remis en liberté à Paris malgré son implication présumée dans un braquage sanglant au Printemps Haussman, est soupçonné d'avoir participé par la suite à un quadruple meurtre. Sa libération avait donné lieu à de violentes critiques de l'institution judiciaire par le ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant et plusieurs syndicats de policiers.
Rebelote fin novembre 2001, un juge versaillais avait remis en liberté un trafiquant de drogue présumé, également arrêté en flagrant délit en Seine-Saint-Denis en possession d'un kilo d'héroïne. Cette arrestation était la résultante du démantèlement d'un trafic de drogue international. Arrêté, l'homme avait reconnu les faits. Mais le juge des libertés et de la détention a préféré la remise en liberté sous contrôle judiciaire plutôt que la mise en détention provisoire. Aujourd'hui, nul ne sait où se trouve l'individu.
Plus récemment, on ne peut s'empêcher de penser à l'arrestation du meurtrier présumé du petit Larbi, qui s'avère être un pédophile déjà condamné.
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