© INTERNEA cent jours de l’élection présidentielle, l’affaire des otages français du Liban en 1988 apporte chaque jour son lot de révélations. La France a-t-elle versé une contrepartie financière pour obtenir la libération de ces otages ? Pour l'ancien chef de la cellule anti-terroriste de l'Elysée Christian Prouteau, la réponse est oui, contredisant ainsi les dires de Jean-Charles Marchiani, de Charles Pasqua mais aussi de Maurice Ulrich, l’ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac, Premier ministre à l’époque des faits. Dans Le Parisien daté de mardi, Christian Prouteau affirme que le gouvernement de Jacques Chirac a accepté d'avancer des fonds à l'Iran (600 millions de dollars, dit-il) en règlement d'un contentieux financier ancien, somme qui constitue selon lui une "rançon cachée". Une version contredite hier soir par Edouard Balladur qui nie l'existence d'une rançon. La semaine dernière, Charles Pasqua avait dit attendre confirmation de Mr Balladur, alors ministre de l'Economie et des Finances qu'aucune rançon n'avait été versée.
Pasqua et Marchiani contre-attaquent
La contre-offensive de Charles Pasqua et de Jean-Charles Marchiani ne s’est pas faite attendre.
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Ainsi l’ancien ministre de l’Intérieur a "demandé au gouvernement une enquête sur les informations de la DST jetées en pâture". Dans le Parisien daté de mercredi, Charles Pasqua souhaite également que "la commission de déontologie de la police soit saisie du problème par un parlementaire". Le président du RPF demande que "les gens de la DST s'expliquent" afin de voir si leur source est "sérieuse" ou "s'il s'agit de ragots recueillis dans une quelconque oasis". Selon Charles Pasqua, qui veut toujours se présenter à l'élection présidentielle, "tout cela a été téléguidé". Il se dit "choqué de voir ceux qui ont risqué leur peau traînés dans la boue". Par ailleurs, il a déclaré mardi qu'il allait " porter plainte " contre l'ancien chef de la cellule anti-terroriste de l'Elysée.
De son côté, Jean Charles Marchiani a demandé solennellement à Jacques Chirac d'intervenir auprès du gouvernement au sujet de la note de la DST évoquant le détournement de cette éventuelle rançon. Selon l'ex-préfet du Var, " le président doit forcer le ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, à dire sur l'ordre de qui et dans quel but la note infamante et diffamatoire de la DST a été transmise à la justice ". L'enquête a en effet été ouverte en janvier 2001 sur la base d'une note de la DST (le contre-espionnage français) qui fait état du versement de plusieurs millions de francs en liquide et en chèque du compte parisien d'Iskandar Safa au profit de Jean-Charles Marchiani durant les dix dernières années.
Un informateur iranien ?
Cette note s'appuie sur les déclarations d'un indicateur qui n'est pas nommé. Or, croit savoir le Canard Enchaîné de mercredi, le principal inspirateur de la note de la DST " paraît être " un Iranien, prénommé Manucher Ghorbanifar. L'hebdomadaire indique que Ghorbanifar, spécialisé dans l'armement, "devenu l'intermédiaire incontournable entre les ayatollahs et plusieurs pays occidentaux", a entretenu d'étroites relations avec la CIA et le Mossad israélien, puis, ces dernières années, "avec la DGSE et la DST dont il fut successivement l'informateur".
Toujours selon l'hebdomadaire, "Ghorbanifar a toujours estimé que la France ne l'avait pas suffisamment dédommagé pour ses bons et loyaux services". Jusqu'à se "confesser", en 2001, auprès de Jean-Jacques Martini, l'un des directeurs adjoints de la DST, "devenu depuis 1988 son principal interlocuteur". Interrogé par l'AFP sur cette hypothèse, Jean-Charles Marchiani, dont l'épouse a été mise en examen dans l'enquête ouverte après la transmission de cette note à la justice, a estimé que c'était "une belle histoire" mais qu'elle devait être prise "avec d'infinies précautions". Affaires à suivre…
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