Otages du Liban : la note de la DST publiée

Par R.P, le 07 janvier 2002 à 13h38 , mis à jour le 07 janvier 2002 à 13h59

Le Monde publie la note de la DST à l'origine de l'enquête sur de présumés détournements d'une rançon qui aurait permis la libération des otages du Liban en 1988. L'homme d'affaires libanais Iskandar Safa affirme qu'il n'a "rien à cacher".

Jean-Charles Marchiani © INTERNE

L'affaire de blanchiment présumée dans l'entourage de Charles Pasqua, en marge du versement d'une éventuelle rançon pour la libération des otages français du Liban en 1988, prend de l'ampleur avec la publication par Le Monde de la note de la DST à l'origine de l'enquête.

Dans son édition datée de mardi, le journal publie l'intégralité de ce document, intitulé "relations entre l'homme d'affaires français Iskandar Safa et le député européen Jean-Charles Marchiani" et adressé le 19 janvier 2001 à la police judiciaire avant d'entraîner l'ouverture d'une information judiciaire confiée à la juge Isabelle Prévost-Desprez. Selon le journal, ce document souligne notamment que "depuis plus d'une dizaine d'années, l'homme d'affaires français d'origine libanaise Iskandar Safa donne régulièrement de considérables sommes d'argent à l'ex-préfet et député européen Jean-Charles Marchiani". La note de la DST dévoile les numéros de comptes sur lesquels l'argent est versé ainsi que certains montants, et explique que "la source à l'origine de ces renseignements semble persuadée que l'argent du compte en Suisse provient de l'affaire des otages français du Liban, au milieu des années 80".

"La source à l'origine de ces renseignements semble persuadée (...) qu'il s'agirait d'une partie de la rançon débloquée par l'Etat français et conservée par les négociateurs, en l'occurrence MM. Marchiani et Safa. Dans ce système, J.C. Marchiani apparaît comme le donneur d'ordres et I. Safa comme l'exécutant, nonobstant les relations d'amitié unissant les deux hommes", précise encore le texte.

Safa n'a "rien à cacher"

Sous le coup d'un mandat d'arrêt international dans le cadre de cette enquête, l'homme d'affaires

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libanais Iskandar Safa affirme, dans un entretien au Monde, n'avoir "rien à cacher" mais reste évasif sur l'attitude qu'il entend adopter vis-à-vis de la justice française. "J'ai quitté Paris le 8 décembre (...). Je vis en France et j'y ai l'essentiel de mes activités. Je ne vais pas m'enfuir ! Mais je tiens à rentrer dans la sérénité, pour répondre à toutes les questions que l'on veut me poser", explique-t-il.

Deux proches de M. Safa ont été mis en examen en décembre dans cette affaire par la juge Prevost-Desprez. L'un d'eux, poursuivi pour "complicité de blanchiment aggravé" et "complicité de trafic d'influence aggravé", est en détention provisoire depuis le 19 décembre. Marie-Danièle Faure, proche collaboratrice de M. Pasqua et Christiane Marchiani, l'épouse de Jean-Charles Marchiani, mises en examen dans ce dossier, sont notamment soupçonnées d'avoir été destinataires de sommes en espèce retirées, entre 1995 et 2001, sur des comptes bancaires parisiens alimentés à partir de comptes bancaires suisses de M. Safa.

Par ailleurs, Charles Pasqua a indiqué qu'il avait déposé plainte pour "dénonciation calomnieuse", comme il l'avait annoncé, auprès de la ministre de la Justice, Marylise Lebranchu.

Photo d'ouverture : Jean-Charles Marchiani

Par R.P le 07 janvier 2002 à 13:38
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