© INTERNELa fête est gâchée. A quelques jours de sa déclaration de candidature à la présidentielle, Charles Pasqua est en colère. Pas content du tout. Une de ces colères froides qu'il pousse de temps à autre. Objet de son courroux : les mises en examen pour "recel de blanchiment aggravé" et "recel de trafic d'influence aggravé" de deux de ses proches, Marie-Danièle Faure, et Christiane Marchiani, l'épouse du député européen. Les deux femmes sont soupçonnées d'avoir détourné à leur profit une partie de la rançon versée par l'Etat français pour obtenir la libération des otages français du Liban, en 1988.
"J'affirme qu'il n'y a pas eu de versement de rançon dans cette affaire", a martelé le président du RPF sur LCI. "Et s'il n'y a pas eu de rançon, alors il ne peut y avoir de détournement de fonds !", ajoute-t-il dans une formule que n'aurait pas renié Monsieur de La Palice… Et Charles Pasqua d'interpeller les plus hautes autorités de l'époque : "S'il y a eu un versement, cela n'a pu être fait que sur les fonds spéciaux. Qui gérait à l'époque ces fonds spéciaux ? Le Premier ministre Jacques Chirac. C'est donc à lui qu'il faut poser la question". "S'il ne peut pas répondre, poursuit-il, son directeur de cabinet de l'époque M. Ulrich ou le ministre d'Etat, ministre de l'Economie et des Finances Edouard Balladur peuvent répondre".
Contre-attaque
Les intéressés - au premier chef duquel Jacques Chirac - apprécieront cette douce sollicitude... Las ! le président de la République pensait pourtant en avoir fini avec les affaires, après l'arrêt de la Cour de Cassation sur l'immunité pénale du chef de l'Etat, le 10 octobre dernier…
Pasqua affirme que ces "accusations scandaleuses" sont le fruit d'une "manipulation politique" qui n'a qu'un but : le "déstabiliser" et "éventuellement Jacques Chirac" par la même occasion. "Je suis convaincu que cette manipulation ne part pas du ministère de l'Intérieur mais de Matignon, où a été constitué un véritable cabinet noir", lance-t-il dans Le Figaro du jour. Le président du Conseil général des Hauts-de-Seine a donc décidé de contre-attaquer, demandant au garde des Sceaux d'ouvrir deux informations judiciaires "contre X" à la suite de ces informations le mettant en cause, en sa qualité d'ancien ministre de l'Intérieur.
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