Otages du Liban : Pasqua conforté par un proche de Chirac

Par Philippe MATHON, le 05 janvier 2002 à 18h57 , mis à jour le 04 janvier 2002 à 19h08

L'ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à Matignon affirme que la libération des otages du Liban, en 1988, n'a pas "donné lieu à un versement de rançon par l'Etat français".

maurice ulrich rpr liban chirac pasqua © INTERNE

Charles Pasqua a été entendu. Echaudé par les mises en examen de deux de ses proches pour une affaire de détournement de fonds présumés liée à la libération des otages français au Liban (1988), le président du RPF n'avait pas hésité (voir notre article) à interpeller Jacques Chirac - Premier ministre à l'époque -, son directeur de cabinet Maurice Ulrich et le ministre de l'Economie, Edouard Balladur. "Qu'ils confirment mes dires", avait dit en substance Pasqua.

Au final, l'approbation n'est pas venu des deux acteurs majeurs de la première cohabitation, mais de Maurice Ulrich. Directeur de cabinet de Jacques Chirac entre 1986 et 1988, l'homme, aujourd'hui sénateur (RPR), a soutenu vendredi soir que la libération des otages n'a pas "donné lieu à un versement de rançon par l'Etat français".

"Négociations avec tous les Etats"

Version de l'intéressé : "Le gouvernement mis en place en mars 1986 a repris les négociations engagées pour la libération des otages français détenus depuis mars 1985 au Liban, auxquels s'étaient ajoutés le 8 mars 1986 quatre journalistes d'Antenne 2. Un neuvième otage fut enlevé en juin 1987. Des libérations échelonnées ont pu être obtenues sur cette période, en juin 1986, en décembre 1986, en novembre 1987, en mars 1988", a poursuivi Maurice Ulrich, assurant que "ces libérations ont été le résultat de négociations avec tous les Etats et tous ceux, notamment religieux, qui pouvaient avoir une influence sur les ravisseurs".

De nombreuses interrogations subsistent toutefois à ce stade sur cette nouvelle affaire ouverte en juin après la transmission au parquet de Paris d'une note de la DST faisant état de mouvements de fonds qui seraient liés au détournement d'une rançon (on parle de trois millions de francs) versée lors de la libération des otages. Dénonçant "une manœuvre politique", M. Pasqua a indiqué vendredi qu'il attendait des responsables français de l'époque qu'ils "confirment", comme il l'a toujours soutenu, qu'aucune rançon n'a été versée à cette occasion.

Photo AFP : Jacques Chirac et son conseiller Maurice Ulrich à la mairie de Paris, le 18 avril 1993.

Par Philippe MATHON le 05 janvier 2002 à 18:57
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