Les politiques se ruent à Porto Alegre

Par , le 31 janvier 2002 à 08h50 , mis à jour le 31 janvier 2002 à 09h08

Le deuxième forum antilibéral constitue une des nombreuses figures imposées aux candidats à la présidentielle; objectif à droite comme à gauche, montrer que l'on partage certaines des thèses des antimondialisation.

Porto Alegre © INTERNE

Porto Alegre, le dernier salon où l’on cause et où l’on se montre… Et la présence française est massive. Depuis mardi, cette petite ville de l’extrême sud du Brésil accueille pas moins de trois candidats à l’Elysée (Chevènement, Mamère et Besancenot), six ministres, un chef de parti, un conseiller de l’Elysée, des élus de gauche et de droite dont le maire de Paris, sans oublier l’inévitable José Bové.

A gauche et c’est nouveau, à droite aussi, on ne voulait pas rater la deuxième édition de ce sommet antilibéral. Alors que la politique traditionnelle ne fait plus recettes, les mouvements antimondialisation ont connu ces dernières années un succès grandissant. A trois mois de la présidentielle, les candidats veulent rattraper le temps perdu.

Olivier Besancenot, le candidat de la LCR, ironise sur ce bataillon de nouveaux venus. Avec Jean-Pierre Chevènement et le secrétaire d'Etat Vert à l'Economie solidaire Guy Hascoët, il fait partie des rares "anciens" de ce forum. Il se demande comment le nombre "impressionnant" de socialistes, ministres ou responsables du parti, venus à Porto Alegre et "qui ont pu privatiser, sponsoriser la mal-bouffe, encourager tout ce qui est libéral" vont se retrouver "aux côtés des paysans sans terre et des chômeurs argentins". Jean-Pierre Chevènement ne se sent pas concerné par ces reproches; il a proposé hier soir la suppression du FMI et l’effacement de la dette de l’Argentine.

Jospin et Chirac rivalisent

En coulisses, Matignon a voulu éviter que Jean-Pierre Chevènement apparaisse comme le porte-parole de la gauche antimondialisation. D’où l’intervention ciblée de Lionel Jospin mercredi devant le Conseil économique et social; le Premier ministre a plaidé en faveur de la "régulation", défendant l'approche d'un développement solidaire qui corrige les "dérives du marché".

Toutefois, les proches de Lionel Jospin se partagent les rôles. Si la plupart ont fait le voyage à Porto Alegre, les ténors de la " gauche moderne " (Laurent Fabius, Alain Richard et Hubert Védrine) ont préféré se rendre à la grand-messe capitaliste qui s’ouvre pour la première fois à New-York.

A droite, les positions sont beaucoup plus partagées. Soucieux de son image auprès des militants antimondialisation, Jacques Chirac s’est prononcé pour un fonds thérapeutique destiné à financer l’achat de médicaments par les pays pauvres ; le RPR sera d’ailleurs représenté à Porto Alegre par son secrétaire général Serge Lepeltier. Toutefois, d’autres affichent clairement leur défiance vis à vis du mouvement antimondialisation. C’est le cas d’Alain Madelin qui voit en Porto Alegre une "mascarade".

 

Par Renaud Pila le 31 janvier 2002 à 08:50
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