Schuller bientôt à Paris

Par PM, le 31 janvier 2002 à 07h00 , mis à jour le 29 janvier 2002 à 22h26

Dans un entretien exclusif accordé au Monde depuis sa résidence surveillée de Saint-Domingue, Didier Schuller souhaite se "défendre" face à ses accusateurs. Elliptique, il affirme : "Il y a trop longtemps que je porte le chapeau pour tout le monde".

DIDIER SCHULLER RPR fuite © INTERNE

Dans un long entretien au Monde, Didier Schuller, l'ancien membre (RPR) du conseil général des Hauts-de-Seine, présidé par Charles Pasqua explique qu'il a "décidé de rentrer" en France pour s'"expliquer" parce qu'"il y a trop longtemps (qu'il) porte le chapeau pour tout le monde" et souhaite "éviter d'être à nouveau pris au piège de l'élection présidentielle". "C'est une question de jours, peut-être de semaines, mais pas davantage", ajoute M. Schuller précisant qu'il lui "reste quelques détails à régler ici (à Saint-Domingue où l'interview a été réalisée) avant de (se) présenter au juge d'instruction français". "Involontairement, j'ai peut-être contribué à la défaite d'Edouard Balladur (à la présidentielle de 1995, NDLR). Je ne voudrais pas, demain, contribuer à celle de Jacques Chirac", dit-il. "Didier Schuller peut revenir de lui-même", explique-t-on de source proche du dossier. Mais "en attendant" son éventuel retour volontaire, "la procédure d'extradition va suivre son cours", ajoute-t-on.

Jeudi, le ministère de la Justice a transmis les demandes d'extradition de Didier Schuller et de sa compagne Christel Delaval, au ministère des Affaires étrangères qui doit les faire parvenir "sans délai" aux autorités dominicaines par l'intermédiaire du chargé d'affaires de l'ambassade de France à Saint-Domingue Julien Perrier. Dès la révélation par son fils, Antoine, de la présence de Didier Schuller à Saint-Domingue, le procureur général Virgilio Bello Rosa avait assuré que "si le gouvernement français demande l'extradition du citoyen concerné, le gouvernement dominicain l'enverra dans son pays", précisant que le président Mejia "détient le dernier mot" de la décision d'extradition.

Affaire bloquée

En France, Didier Schuller et sa compagne, Christel Delaval, sont attendus par le juge d'instruction de Créteil Philippe Vandingenen, chargé seul de ce dossier après le départ de Serge Portelli, co-désigné en 1995 lors du dessaisissement du juge Eric Halphen. Instruisant une enquête plus large sur les HLM de Paris et des Hauts-de-Seine, le juge Halphen avait été dessaisi du versant du dossier concernant les Hauts-de-Seine après "l'affaire Schuller-Maréchal", une tentative de déstabilisation dont le magistrat avait été victime.

Une douzaine de personnes sont mises en examen dans ce dossier parmi lesquelles Patrick Balkany (DVD), le maire de Levallois-Perret, ancien président de l'OPHLM, mais aussi des chefs d'entreprise. L'instruction est bloquée depuis un an du fait de requêtes en nullités déposées par l'avocat de Patrick Balkany et qui doivent être examinées le 6 février par la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris.

Photo d'ouverture : Didier Schuller - DR

Par PM le 31 janvier 2002 à 07:00
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