© INTERNERetrouvez l'interview du Père Stanislas Lalanne,
porte-parole de la conférence des Evêques de France
L’affiche d’"Amen.", le nouveau film de Costa-Gavras qui inonde déjà les panneaux publicitaires en vue de sa sortie le 27 février, bénéficie d’au moins deux jours de répit. Après avoir examiné mardi en référé la plainte déposée par l’Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne), le président du tribunal de grande instance de Paris a décidé de se prononcer jeudi après-midi sur son éventuelle interdiction.
Les raisons de la colère catholique ? Le cliché représente une croix chrétienne prolongée sur trois branches par celle d'une croix gammée, avec le titre du film (Amen.) et la photo des deux personnages principaux. Elle est censée illustrer le thème de l’œuvre, qui aborde les silences du pape Pie XII pendant la Seconde Guerre Mondiale.
"Tenir compte de la liberté d'expression et de la liberté des croyances "
L’Agrif estime que, pour des raisons mercantiles, l'affiche rouge et noire qui présente "une croix catholique prolongée d'une croix gammée", entourée d'un prêtre et d'un officier allemand, constitue "une offense gratuite inutile et publique aux sentiments religieux les plus respectables". Me Wallerand de Saint-Just, l’avocat de l’association, rappelle que les couleurs rouges et noires étaient "les couleurs officielles du régime nazi" et que le mot "amen" signifie "ainsi soit-il". Il en déduit que l'affiche porte une "accusation monstrueuse" car elle est destinée à faire admettre que les catholiques ont donné leur approbation au nazisme.
Le parquet est loin de partager ce point de vue. "Franchement, je n'ai pas été agressé par cette affiche" a déclaré le substitut Pascal Le Fur. Conséquence : il rejette la demande d’interdiction "dans la mesure où il faut tenir compte de la liberté d'expression et de la liberté des croyances".
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