L'armée française n'a plus la cote

Par Gérard RANSAY, le 17 février 2002 à 07h00 , mis à jour le 15 février 2002 à 19h24

La guerre en Afghanistan a mis en lumière les énormes difficultés de notre armée à projeter ses forces dans un contexte de crise. Plus que jamais les USA font cavalier seul sur la scène internationale.

Mirage avion france © INTERNE

Malgré les déclarations martiales de nos responsables politiques, force est de constater que nos militaires n'ont pas eu les moyens d'intervenir en Afghanistan. Si les causes sont multiples, le résultat en terme d'image au niveau international est désastreux. Le Jane's Foreign Report, (JFR) l'ouvrage de référence mondial en matière de défense fustige les forces françaises. Dans son dernier numéro, on apprend que la "France a été "reléguée militairement, et marginalisée diplomatiquement" au cours de la campagne afghane. Washington "n'a même pas offert aux Français le modeste boulot de valet".

La France a raté le coche

Dans un article consacré aux "forces armées françaises en crise", la publication spécialisée ajoute que "seuls les Britanniques ont joué un rôle dans la nouvelle guerre contre le terrorisme". Toujours selon les experts du Jane's foreign report "pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni est devenu le seul partenaire crédible dans le domaine de la défense." La France pourrait avoir joué un rôle, mais a manqué le coche.

Le "JFR", souligne également que le coût de la professionnalisation des forces armées françaises "a été sous-estimé dès le départ et a ensuite explosé au-delà des limites traditionnelles d'un budget annuel". De 1995 à 2002 la part du budget français de la défense est tombé de 12,3% à 10,9%, provoquant des retards considérables des grand programmes d'armement, à commencer par le "Charles de Gaulle". Concrètement, "dans la guerre actuelle en Afghanistan, les Américains avaient plus besoin de l'Ouzbékistan que de la France". Pendant ce temps les Anglais qui ont adopté une armée de métier depuis longtemps, ont poursuivi une modernisation de leurs forces armées. Les budgets alloués sont plus importants, et leurs avions gros porteurs américains leur ont permis d'intervenir massivement en Asie centrale.

Au-delà des avions opérationnels, la volonté des dirigeants britanniques de frapper les taliban aux côtés des marines US, dès le début de la guerre, nous rappelle que les conflits se gagnent aussi grâce à des politiques d'intervention claires.

Par Gérard RANSAY le 17 février 2002 à 07:00
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