"Bienvenue à François Bayrou !"

Par Franck LEFEBVRE, le 24 février 2002 à 00h00 , mis à jour le 22 février 2002 à 21h12

François Bayrou a eu le plus grand mal à faire entendre sa voix lors de la réunion de l'Union en mouvement, samedi à Toulouse. Alain Juppé a dû faire taire les sifflets des militants chiraquiens. Dans une ambiance hostile, le président de l'UDF a largement critiqué l'idée d'une formation unique à droite et au centre.

bayrou uem toulouse © INTERNE

En pleine intervention devant les troupes chiraquiennes, réunies à Toulouse à l’occasion du grand meeting de l’UEM, Nicolas Sarkozy s'interrompt soudain. "Je veux dire à François Bayrou qu'il est le bienvenu". L'invité de dernière minute s’avance, salué par une maigre salve d'applaudissements. Après avoir embrassé Michèle Alliot-Marie, la présidente du RPR, il prend place au premier rang entre l'ancien Premier ministre RPR Alain Juppé et le président RPR du Sénat Christian Poncelet. Dans la salle du parc des expositions de Toulouse, où l'arrivée du candidat de l'UDF était guettée depuis le matin, la tension vient de monter d'un cran.

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Mais cette tension latente vire à la franche hostilité lorsque François Bayrou prend la parole. Faisant front crânement face à la foule des militants chiraquiens, il dénonce ouvertement l'idée d'une formation unique à droite, "une faute pour l'opposition". Et, ultime défi, il lâche le mot : "si je suis élu président..." Pour les militants chiraquiens, c'en est trop. Des sifflets montent, des cris de "Chirac président !" ; le brouaha empêche François Bayrou de parler. Alain Juppé en personne doit intervenir pour rétablir le calme. Malgré l'hostilité palpable, François Bayrou martèle : "je suis venu parce qu'il y a une idée que je n'approuve pas et qui chemine depuis des mois : l'opposition tout entière devrait se ranger pour les élections présidentielles sous la bannière de Jacques Chirac". A la fin de son intervention, Alain Juppé tente de détendre l'atmosphère : "Moi aussi j'ai connu la solitude et l'infidélité. A l'évidence, demain, nous nous retrouverons ; alors, je te tends la  main".
 
Chirac absent fait lire un message par Jean-Claude Gaudin

C'est une évidence, l'ambiance samedi à Toulouse n'aura pas été à la décontraction. Les chiraquiens espéraient que ce rassemblement de l’Union en mouvement permettrait d'afficher l'union de l'opposition : sur ce plan, l'échec est cinglant. A la froideur de la première rencontre entre les deux frères ennemis de l'UDF, Philippe Douste-Blazy et François Bayrou, aura succédé la houleuse intervention de ce dernier devant un public pourtant préparé par quelques discours bien sentis sur la "diversité de l'opposition". Quant à Jacques Chirac, sa pesante absence n'aura été compensée que par un message aux militants, lu par le sénateur-maire DL de Marseille Jean-Claude Gaudin. Un message prononcé tardivement, devant une salle déjà en train de se vider, et où le terme répété "d'union" résonne avec une ironie bien involontaire...

Tout ceci ferait presque oublier que le meeting de Toulouse avait pour but principal de permettre l'expression d'idées fédératrices pour la campagne électorale. Ces idées ont été rassemblées samedi en "24 engagements" (notamment, en matière de sécurité, "l'impunité zéro" et la lutte contre la délinquance scolaire ; ou encore, en matière de fiscalité, une baisse drastique de l'impôt sur le revenu) qui tournent autour de quelques grandes thématiques : autorité, liberté et partage.

Photo d'ouverture : l'intervention de François Bayrou au meeting de l'UEM - DR

Par Franck LEFEBVRE le 24 février 2002 à 00:00
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