© INTERNEClaire Pochic, 21 ans, a succombé mercredi à ses blessures. Elle est la cinquième victime de la bousculade qui s'est produite la semaine dernière à l'occasion d'une soirée étudiante. Les étudiants ont été piétinés et asphyxiés à l'entrée de la salle, où des centaines de personnes attendaient de pouvoir entrer. Le spectacle et la sécurité avaient été programmés pour 2.000 à 2.500 personnes. Or quelque 3.600 billets ont été pré-vendus et 6.000 billets imprimés.
Aujourd'hui, le Syndicat national des discothèques et des lieux de loisirs (SNDLL) dénonce le "laxisme des élus et des pouvoirs publics" qui auraient dû, selon lui, empêcher la fête. Le SNDLL affirme qu'en avril 1999, il avait déjà alerté le sous-préfet de Brest et le maire de Guilers, banlieue de Brest où est située la salle de spectacle, des "conditions anormales d'utilisation de cette salle pour une soirée techno". Le dirigeant de la société organisatrice de la soirée, Mell, mis en examen dimanche pour homicides et blessures involontaires, n'avait pas sa licence d'entrepreneur de soirées, selon le procureur de la République. Cette société s'était déjà vu interdire fin janvier à La Rochelle la tenue d'un "Gala des entreprises" par la préfecture de la Charente-Maritime, saisie par la SACEM. Et en avril 2001 au Zénith de Lille, une de ses soirées avait été interrompue par les forces de l'ordre car elle n'avait pas les autorisations.
Plusieurs anomalies
La municipalité de Guilers avait été prévenue de la tenue de la fête. Mais le SNDLL pointe du doigt plusieurs anomalies dans la mise à disposition du Penfeld, la salle du drame. Selon lui, cette salle est classée "polyvalente" et ne tombe donc pas sous le coup des contraintes des établissements classés "danse". Or la soirée "Planète Ibiza" était une fête latino dansante, a expliqué le président du SNDLL, Patrice Malvaës. Autre entorse à la loi selon lui : le maire avait délivré une licence de buvette temporaire à la soirée, "or il n'a le droit de le faire que pour des manifestations d'intérêt général, ce qui n'était pas le cas de Planète Ibiza". "M. Bafounta cherchait à faire des économies en embauchant le minimum d'employés", selon le président du SNDLL.
De son côté, le dirigeant de Mell, Borgia Bafounta, a affirmé que son entreprise était "légale et en règle". "Je me sens responsable, j'ai très mal pour ces jeunes, a-t-il ajouté.
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