© INTERNEJeudi, 22h30, Saint-Nazaire : le train assurant la liaison entre Nantes et Le Croisic vient tout juste de quitter la gare. Il roule alors à faible vitesse – 70 km/h tout au plus. Quatre adolescents marchent sur la voie ferrée. Le train régional fauche trois d’entre eux. Les corps sont projetées sur une quinzaine de mètres. Deux des victimes, âgées de 14 et 16 ans, sont tuées sur le coup. La troisième mourra en fin de nuit après son transfert à l'hôpital. Quant au quatrième jeune, qui a pu éviter le train, il bénéficie d'un soutien psychologique.
Une enquête a été ouverte. Au-delà du choc suscité par la mort des trois adolescents, le drame pose de nombreuses questions. Que faisaient ces jeunes sur la voie ferrée ? Comment avaient-ils pu y accéder ? Comment ont-ils pu se laisser surprendre par l’arrivée du train, dans un endroit dégagé où les voies sont nettement visibles sur plusieurs centaines de mètres ?
"Parfois, on coupe à travers les voies"
Tout près de l’endroit de l’accident, les piétons disposent d’une passerelle pour franchir les voies. Mais tous ne l’empruntent pas. "Parfois, on coupe à travers les voies pour gagner deux, trois minutes", explique un adolescent familier des lieux. Un jeu, un défi où l’important n’est pas seulement de gagner du temps, puisqu’il faut franchir les barrières érigées par la SNCF. Traversant en pleine nuit, les jeunes victimes de l’accident de jeudi n’auraient pas vu le train venir… Mais les riverains ont une autre explication. Pour eux, le drame n’est pas vraiment un accident, plutôt un jeu encore plus dangereux, et qui aurait mal tourné. Certains affirment avoir déjà vu des adolescents debout sur la voie, guettant l’arrivée des trains, pour ne s’écarter qu’au tout dernier moment. Une variante ferroviaire de la roulette russe…
Que les adolescents se soient ou non livrés à un tel jeu, une chose est certaine : ils n’auraient pas dû pouvoir accéder aux voies. La SNCF en est bien consciente ; des barrières et des panneaux signalent sans ambigüité le risque et interdisent l’entrée. Malgré cela, les incursions de rôdeurs ou de jeunes venus arpenter les voies, comme jeudi soir, sont fréquentes. Et la multiplication des mesures de sécurité – fossés ou barrières – n’y change rien.
Photo d'ouverture : le lieu de l'accident, non loin de la gare de Saint-Nazaire - DR
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