Opération portes ouvertes chez Jospin

Par Philippe MATHON, le 28 février 2002 à 16h38 , mis à jour le 27 février 2002 à 16h53

Le Premier ministre-candidat a inauguré mercredi son « atelier de campagne ». Il se dit prêt à une "confrontation des "pratiques du pouvoir et des conceptions".

jospin discours © INTERNE

Si Jean-Paul Gaultier - propriétaire des lieux - avait été de la partie mercredi, nul doute qu’il aurait trouvé à redire sur cet " atelier " de campagne. Ouvert à la hâte et meublé à l’économie, il n’a pas l’apparat habituel d’un défilé du créateur de mode. Mais qu’importe, dit-on : le lieu n’est-il pas plus grand que le Tapis rouge chiraquien ? " C'est un lieu qui appelle à la fête et donc à la victoire ", s’est réjouit Julien Dray, le M. Sécurité de la campagne de Lionel Jospin.

Prenant officiellement possession de son siège de campagne , Lionel Jospin a considéré qu’il entrait désormais dans une " étape nouvelle ". " Pendant presque cinq ans j'ai été un Premier ministre à plein temps, intensément et passionnément Premier ministre. Mais à partir d'aujourd'hui je consacrerai l'essentiel de mon temps public au débat et à l'animation de la campagne présidentielle. "

" Des engagements qu'on prend, des engagements qu'on tient "

Soucieux de marquer immédiatement sa différence par rapport à Jacques Chirac, son principal adversaire dans les sondages, Lionel Jospin a récusé le "postulat de l'absence de différence" entre ses propositions et celles du chef de l'Etat. Il a notamment fait allusion aux propos tenus presque au même moment par Jacques Chirac sur la semaine des 35 heures, une des réformes phares de son gouvernement. " Vous voyez que dès le début on est en pleine différenciation ", s’est-il aussitôt réjouit. Visant le chef de l’Etat tout en évitant l’attaque frontale, Lionel Jospin a asséné : " La campagne est un moment où l'on donne sa parole et où l'on prend des engagements, car pour moi c'est cela la démocratie ". " Des engagements qu'on prend, des engagements qu'on tient ".

Lionel Jospin a présenté son équipe de campagne, avec un directeur de campagne – Jean Glavany -, des porte-parole - les anciens ministres Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn -, et un "conseil politique" de 70 membres parmi lequel un " conseiller spécial " Laurent Fabius, le ministre des Finances et de l'Economie. Le conseil politique, animé par le premier secrétaire du PS François Hollande, se réunira dès jeudi matin au 325 rue Saint-Martin.

Planning chargé

Pour la suite, l’agenda est déjà bien rempli. Le candidat Jospin sera vendredi à Toulouse pour présenter son livre de propositions, "Le temps de répondre". Dimanche soir, il sera l'invité du journal de 20h00 de la chaîne de télévision TF1 et mardi matin celui de France Inter. Dix grands meetings sont prévus, dont six avant le premier tour - le premier le 7 mars à Lille et les suivants à Limoges, Marseille, Dijon, Bordeaux et Rennes. A quoi s'ajouteront une soirée au Palais des sports de Paris le 8 mars pour la journée internationale des femmes, un voyage à la Réunion les 9 et 10 mars, un autre aux Antilles et cinq "rencontres thématiques" sur ses grands engagements pour une France "active", "sûre", "juste", "moderne" et "forte".

Par Philippe MATHON le 28 février 2002 à 16:38
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