Pasqua : une "maison" en feu

Par Philippe MATHON, le 07 février 2002 à 17h02 , mis à jour le 06 février 2002 à 17h44

Comment sont nés les fameux "réseaux Pasqua" dont on parle depuis des années ? Pourquoi les juges sont-ils aux trousses de "Môssieu Charles" ? Eléments de réponse dans le brillant livre de Nicolas Beau, journaliste au Canard Enchaîné.

nicolas beau pasqua livre canard enchainé © INTERNE

Que ce soit à Monaco, Genève ou Paris, le nom de Charles Pasqua a souvent fait la "une" de la presse ces derniers mois. Mais, au grand dam de l'intéressé, c'est davantage dans les pages "faits divers" des gazettes. Crédité d'une faible popularité (de 1% à 3% selon les instituts) dans sa quête présidentielle, l'homme ne semble plus faire recette auprès de l'opinion. La fin d'une époque ?

On a tout dit ou presque au sujet de "Môssieu Charles" : qu'il a usé de son influence pour favoriser des ventes d'armes vers l'Afrique, qu'il entretient d'étroites relations avec le milieu des cercles de jeu…. Une chose est claire : avec trois mises en examen, la justice le marque de très près. Trop ? Oui, à en croire les confidences recueillies par Nicolas Beau dans La maison Pasqua (1). L'auteur rapporte cette phrase réfrigérante de la juge Eva Joly à son collègue Philippe Courroye, bête noire du patron des Hauts-de-Seine : "Fais attention, tu vas trop vite, trop fort. Tu pourrais bien prendre une balle dans la tête."

Le "clan" Pasqua

Après un savoureux rappel des premières années professionnelles de Charles Pasqua (au début des années 70, l'homme a fait l'objet d'un fichage des RG, qu'il dirigera vingt ans plus tard…), le journaliste du Canard Enchaîné relate la vie d'un homme à l'ascension fulgurante : gaulliste "historique", patron du SAC, député des Hauts-de-Seine, par deux fois ministre de l'Intérieur et enfin "vice-Premier ministre de Balladur" en 1993… Un itinéraire tortueux déroulé avec une foule de détails. L'occasion de cerner l'étendue du "clan" Pasqua. Des "amis corses" aux milliardaires Gaydamak et Falcone, personne n'est épargné. Ni même certains policiers, magistrats ou journalistes, taxés de "bienveillance" à l'égard du "terrible monsieur Pasqua", un homme qui affectionne tout particulièrement cette maxime : "Ce n'est pas la peine d'être riche. L'important, c'est d'avoir des amis riches".

Inspectée jusque dans ses moindres recoins, cette Maison Pasqua constitue l'ouvrage de référence sur un personnage ô combien complexe.

(1) La maison Pasqua, de Nicolas Beau (Plon, 16,70 €)

Par Philippe MATHON le 07 février 2002 à 17:02
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience