Perpétuité pour Alègre

Par Franck LEFEBVRE, le 22 février 2002 à 13h34 , mis à jour le 20 février 2002 à 13h48

La cour d'assises de Haute-Garonne a condamné jeudi Patrice Alègre à la peine maximale de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans.

alegre proces © INTERNE

Le verdict est tombé jeudi peu après 17 heures. Il est conforme aux réquisitions de l'avocat général : Patrice Alègre a été condamné à la peine maximale  - la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans. A l'annonce de sa condamnation, l'accusé n'a eu aucune réaction - tout comme il était resté silencieux face aux prières des familles des victimes ou de ses propres avocats. Il a semblé presque soulagé que le procès se termine. Jusqu'au bout, Alègre se sera réfugié dans le mutisme. Ses avocats sont les seuls à qui il a parlé, pour la première fois, assez longuement, lors de cette dernière audience.

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Peu avant que la cour se retire pour délibérer, à 15h15,  après la plaidoirie de Me Laurent Boguet, le président Michel Treilles avait tenté une ultime fois de sortir l'accusé de son silence. "Avez-vous quelque chose à ajouter ?" avait-il demandé à Patrice Alègre. Ce dernier s'était contenté de répondre : "Non... pas ici."

Quelques mots d'excuses sur un cahier bleu

Dès le premier jour, l'accusé avait sèchement fait savoir qu'il n'avait "rien à dire". Et s’il a finalement consenti à s'exprimer, à participer à son procès, il l’aura fait de loin, comme en spectateur, sans jamais répondre aux questions – pas plus celles du président que celles des familles de victimes. Même la lettre de sa fille de 12 ans l'implorant de dire la vérité, si elle l’a fait vaciller, n’aura pu provoquer ses aveux complets. Il se sera contenté de confirmer ses crimes de façon lapidaire, sans émotion, sans remord apparent. Pour les détails et pour l'explication de ses gestes, jusqu’au bout se sera poursuivie la litanie des "je ne sais pas".

Les explications, ou les paroles d'excuses que les familles ont vainement attendues tout au long du procès, Patrice Alègre n'a pas pu ou n'a pas voulu les dire ; mais il les a peut-être écrites. Pour la dernière audience, il s'était muni jeudi d'un cahier bleu donné par un avocat. Avant le verdict des jurés, il a donné six lettres aux familles, écrites, maladroitement, sur ce fameux cahier bleu. Toutes les ont acceptées... sauf la famille de Laure Martinet, dont le père avait promis qu'il tuerait Alègre. Toutes ne les ont pas lues, voyant peut-être dans ce geste une dernière bravade du tueur.

Photo d'ouverture : Patrice Alègre - DR

Par Franck LEFEBVRE le 22 février 2002 à 13:34
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