Un policier trop à l'écoute des voyous ?

Par PM, le 08 février 2002 à 17h26 , mis à jour le 08 février 2002 à 17h36

Un gardien de la paix affecté au service des écoutes téléphoniques aurait servi d'indic pour un trafiquant de drogue.

police © INTERNE

Les policiers veulent croire à un acte isolé. Mais l'affaire, si elle venait à être confirmée par l'enquête de l'Inspection générale des services (IGS, la police des polices), pourrait provoquer de gros remous au sein de l'appareil policier. Les faits : un gardien de la paix affecté au Groupement interministériel de Contrôle (GIC), le service des écoutes officielles, a été interpellé puis placé en garde à vue jeudi. L'homme est soupçonné d'avoir profité de ses fonctions afin de transmettre des informations confidentielles à un trafiquant de drogue présumé sur les écoutes le visant. En contrepartie, selon les premiers éléments de l'enquête, il aurait reçu… des doses de cocaïne. Le suspect, qui nie les faits, est actuellement placé en garde à vue dans les locaux de l'Inspection générale des services l'IGS et devait être présenté samedi à la justice.

Dénoncé il y a un peu moins d'un mois, placé depuis sous étroite surveillance, le policier aurait fait échouer à plusieurs reprises les actions de la police judiciaire.

"Grande oreille"

Avant d'être placé à ce poste sensible, le policier avait fait l'objet d'une enquête des services de renseignement. L'enquête n'avait rien trouvé à redire alors que le jeune homme n'avait pas été dans le passé jugé apte à entrer dans la police. Dans le passé, le présumé "ripou" avait été refusé au concours d'entrée de gardien de la paix pour une affaire de vol à l'étalage, alors qu'il était adjoint de sécurité, un emploi-jeune. Appuyé par les tribunaux, il avait quand même intégré la police. Affecté à la brigade des stup', il avait rejoint par la suite le GIC avec, à la clé, une habilitation "secret-défense". Parlant couramment plusieurs dialectes arabes, il était devenu la "grande oreille" de cette brigade au GIC.

L'enquête devra éclaircir le point de savoir pourquoi il a été affecté à un tel poste en dépit de ce passé. Le policier est domicilié dans le nord de la France, près de Lille, où il s'est fait construire un pavillon "peu en rapport avec son salaire" de policier selon certains.

Par PM le 08 février 2002 à 17:26
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