Les premiers aveux de Didier Schuller

Par PM, le 17 février 2002 à 17h04 , mis à jour le 16 février 2002 à 17h13

Interrogé vendredi sur l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine, l'ancien élu RPR a reconnu avoir reçu des sommes en espèces de grandes entreprises.

schuller avion © INTERNE

Provocation ou simple boutade ? Vendredi, lors de sa première audition devant un juge d'instruction, Didier Schuller a fait une allusion à peine voilée en direction de… Jacques Chirac. Interrogé sur le financement occulte des partis politiques français dans les années 80-90, l'ancien élu RPR, mis en examen pour "abus de biens sociaux et trafic d'influence", a lancé au juge Vandingenen : "Ce sont tous les partis sans exception qui vivaient de cette manière. Il n'y a pas, d'un côté, chez les hommes politiques français, les corrompus et, de l'autre, les vertueux". Une formule rigoureusement identique à celle prononcée quelques jours avant par le président de la République, au soir de sa déclaration de candidature à la présidentielle…

Comment analyser de tels propos ? Selon le journal Le Monde, qui révèle l'information, "il semble que Didier Schuller n'ait guère goûté les propos de M. Chirac sur TF1 le concernant", lorsque le chef de l'Etat avait affirmé n'avoir jamais rencontré M. Schuller. Jacques Chirac avait précisé : "Je me suis peut-être trouvé dans un endroit avec lui mais je ne le connaissais pas personnellement".

Fonds sur un compte en Suisse

A l'occasion de sa première audition qui aura duré pas moins de neuf heures, Schuller s'est également expliqué sur son rôle au sein de l'office départemental des HLM des Hauts-de-Seine, dont il fut le directeur général de 1986 à 1994. Selon Le Monde, l'ancien fuyard a reconnu avoir reçu des sommes en espèces de grandes entreprises, entretenant des relations "privilégiées" avec certaines d'entre elles.

Concernant le financement du RPR, Didier Schuller a évoqué des financements officiels, pour la fédération des Hauts-de-Seine et la direction nationale, écrit Le Monde. Il a aussi, ajoute le quotidien, "évoqué ce qu'il a qualifié de dépenses officieuses". Il a ainsi affirmé avoir reçu, pour ses activités d'élu (achat de colis pour les personnes âgées, manifestations diverses) des fonds en espèces de certaines entreprises, précisant avoir reçu de Bouygues et de la SAE "environ 6 millions de francs" entre 1992 et 1994 sur un compte en Suisse.

Depuis le 5 février, jour de son retour de Saint-Domingue, Didier Schuller est incarcéré à la maison d'arrêt de la Santé, à Paris.

Par PM le 17 février 2002 à 17:04
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