La presse sévère avec Jospin

Par , le 22 février 2002 à 11h59 , mis à jour le 22 février 2002 à 12h28

Au lendemain de son intervention sur France 2, la presse s'interroge sur la mue annoncée du Premier ministre-candidat et souligne l'austérité du ton et l'abscence de propositions de Lionel Jospin.

Lionel Jospin candidat l'élection présidentielle © INTERNE

Il ne s’est pas " lâché " ! La presse de ce matin est unanime et juge sévèrement la première prestation télévisée du premier ministre officiellement candidat. Ainsi pour Libération, " L’austère est dans le pré ", parodiant l'allusion de Lionel Jospin au film d'Etienne Chatiliez; un brin nostalgique, Jean-Michel Thénard estime qu’ " hier soir, on était loin du Mitterrand de 1988, qui avait surpris son monde en tapant avec force sur l’adversaire, en dénonçant " les clans, les bandes, les factions " du RPR ". Lionel Jospin avait " un ton de campagne de deuxième tour. Mais ce ton ne vient-il pas un peu tôt ? " s’interroge-t-il. Même sentiment pour France Soir; le quotidien estime que Lionel Jospin a délivré une " leçon de professeur", et Pascal Irastorza d’expliquer que " le sentiment de gêne apparu hier soir vient sans doute du fait que cette intervention était trop préparée, trop calculée, pas assez spontanée. Un bon discours de Sciences-Po, mais pas plus. "

Jospin encore premier ministre

Plus sobrement, L’Humanité s'interroge: " Jospin candidat certes mais pour quoi faire ? " "Le candidat socialiste est resté dans le flou et a relégué au second plan les questions sociales", se désole le quotidien communiste. " Jospin veut une présidence engagée " titre Le Figaro, soulignant dans le même temps le peu de vision du candidat socialiste. Dan son éditorial, Michel Schifres affirme que " le premier ministre donnait davantage le sentiment d’être encore premier ministre qu’éventuel président. Même ses engagements ressemblent plus à un catalogue de législature qu’au rassemblement de grandes orientations capables de mobiliser une nation ".

Le Parisien choisit de proposer à ses lecteurs un petit cours de lexicologie. Lionel Jospin a en effet exprimé hier soir le désir de " s’ébrouer dans le champ de la démocratie ". Le quotidien explique que ce mot est " apparu à la fin du XVIème siècle. Ce verbe issu d’un dialecte normand signifie " émettre de l’écume " en parlant des chevaux. Puis il prend son sens définitif qui est de " souffler bruyamment en secouant la tête " et, par extension, de " se secouer et de s’agiter pour se nettoyer ou sortir d’un état d’engourdissement ". Se désengourdir, c’est bien le conseil que donnent les éditorialistes à Lionel Jospin. Il lui reste deux petits mois.

Par Renaud Pila le 22 février 2002 à 11:59
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