© INTERNE"A la mémoire de Claude Erignac, préfet de Corse, lâchement assassiné en ce lieu, le 6 février 1998". Quelque trois cents personnes étaient présentes ce matin à Ajaccio pour assister au dévoilement de l'ex-voto fixé au dessus du trottoir où le préfet de Corse a été abattu par un commando nationaliste le 6 février 1998. "Nous voulons que le souvenir, l'hommage et la mémoire demeurent", a déclaré Dominique Dubois, actuel préfet de l'île de beauté au cours d'une cérémonie sobre d'une dizaine de minutes rue Colonel-Colonna-d'Ornano. "Claude Erignac est mort au service de l'Etat, de la Corse, de la France. Il est mort assassiné, dans le dos, à terre", a-t-il déclaré après avoir déposé une gerbe de marguerites et d'oeillets bleu, blanc et rouge, au pied du mur.
Pas d'amnistie pour les coupables
Dominique Erignac, veuve de l'ancien préfet de Corse a souhaité mercredi sur RTL que les candidats à la présidentielle s'engagent dans leur programme à tout faire pour que l'assassin présumé de son mari soit arrêté. "Révoltée" par le fait qu'Yvan Colonna soit toujours en fuite, elle s'avoue "désespérée" quand elle a le sentiment qu'on oublie son mari. Mme Erignac pense par ailleurs "sincèrement que ni M. Jospin ni M. Chirac n'admettrons une amnistie pour les assassins de (son) mari parce qu'ils l'ont dit et je crois en leur parole".
Colonna traqué jusqu'au bout
A l'occasion de ce quatrième anniversaire de la mort du préfet, le ministre de l'Intérieur a pour sa part assuré que tout était entrepris pour arrêter le coupable. "Je le dis fermement : Il n'y aura pas de répit pour Yvan Colonna", a promis Daniel Vaillant. Son arrestation "mobilise constamment des hommes et des moyens. Aucune piste n'est négligée, je dis bien aucune. Que chacun en soit convaincu : Comme ceux déjà entre les mains de la justice, (Yvan Colonna) sera retrouvé et jugé", a-t-il conclu.
Même tonalité dans la voix de Lionel Jospin, qui avait fait ses études avec Claude Erignac. "La justice, c'est-à-dire les juges antiterroristes et, sous leur direction, la police, s'attachent à retrouver le dernier homme qui se trouve encore actuellement en liberté. Je ne doute pas que la justice de mon pays, que les forces de sécurité y parviendront", a-t-il assuré. "Ce jour là, a-t-il ajouté, Yvan Colonna aura à rendre des comptes à la justice et nous serons nombreux à nous en réjouir, tout en gardant à l'esprit l'ombre du préfet Erignac".
Le parquet de Paris a demandé le 31 décembre le renvoi devant les assises des cinq autres membres présumés du commando, écroués depuis mai 1999.
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