© INTERNEC’est sous une pluie battante que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a dévoilé mardi la première plaque du Mémorial que la capitale va dédier aux soldats parisiens morts ou disparus en Afrique du Nord. Une cérémonie qui se déroulait, symboliquement, devant plusieurs centaines d'anciens combattants portant leurs oriflammes, le jour du quarantième anniversaire des accords d’Evian. Bertrand Delanoë, comme l'an dernier, devait également se rendre dans la soirée à une autre cérémonie à l'Arc de Triomphe. Deux déplacements pour une date-anniversaire, deux déplacements de trop pour l’opposition au Conseil de Paris, qui estimait que la date était mal choisie puisqu'elle ignorait les Français morts après la signature des accords. Lundi soir encore, lors d’un Conseil de Paris mouvementé, le conseiller DL Alain Destrem qualifiait cette commémoration de "provocation".
Une querelle limitée en apparence… et pourtant symptomatique. Ailleurs en France, les cérémonies organisées pour ce 19 mars, date officielle du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, ont suscité les mêmes polémiques. A Nice, une trentaine de personnes, dont plusieurs membres du FN, avec à leur tête Marie-France Stirbois, ont perturbé une cérémonie. A Marseille, ce sont plusieurs centaines de Français rapatriés d'Algérie, d'anciens combattants et de harkis qui ont manifesté.
"Une manière de raviver les blessures"
En janvier, une proposition de loi avait été adoptée à l'Assemblée nationale pour faire du 19 mars une journée de commémoration. Face à l'hostilité annoncée du Sénat, le texte n'a pas eu de suites. En ce 19 mars 2002, divers représentants politiques nationaux sont revenus sur cette question toujours brûlante. François Bayrou a estimé que "faire du 19 mars le jour de commémoration, c'est une manière de raviver les blessures" de la guerre d'Algérie. "Beaucoup de Français qui ont été victimes des événements sont intégrés parfaitement. D'autres, en revanche, ont été, hélas, laissés sur le bord de l'histoire et je pense en particulier aux harkis". "Commémorer le 19 mars, c'est comme célébrer la défaite de Waterloo", a déclaré pour sa part Bruno Mégret.
Une polémique persistante qui a poussé le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) à publier un communiqué par lequel il préconise un "travail de mémoire" qui "doit servir l'avenir et tracer des pistes de paix".
Photo d'ouverture : Bertrand Delanoë rencontrant des anciens combattants de la guerre d'Algérie - DR
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