L'affrontement

Par Franck LEFEBVRE, le 12 mars 2002 à 20h57 , mis à jour le 11 mars 2002 à 21h48

Jospin justifie ses propos sur "l'âge du capitaine" et fustige les termes "très graves" de Chirac à propos des "affaires". Chirac contre-attaque en dénonçant une "technique qui s’apparente presque au délit de sale gueule". Pour les deux principaux candidats à la présidentielle, la campagne tourne à l'affrontement.

chirac jospin © INTERNE

Qu'il paraît loin le temps où l’un parlait passion et l’autre désir ! Le vocabulaire amoureux a largement déserté les discours des deux principaux candidats à la présidentielle. Depuis les propos de Lionel Jospin, dans l’avion qui le ramenait de La Réunion, sur "l’usure" de Jacques Chirac, la campagne électorale s’est nettement durcie. Après un prévisible tollé de la droite, la réplique du président-candidat est venue dès lundi matin sous forme d’un entretien accordé au journal Le Figaro. Un entretien dans lequel Jacques Chirac, en des termes très durs, dénonce des "méthodes (qui) sont celles de tous les extrémismes et de tous les fascismes" : attaquer un candidat sur le plan personnel – ou sur le plan des "affaires"… Et Jacques Chirac d’affirmer qu’on "ne trouve jamais la vérité dans les poubelles".

Contre-attaque de Lionel Jospin sur France Info : le Premier ministre-candidat s’indigne des propos "très durs" de Jacques Chirac, et qui sont selon lui " sans commune mesure" avec les termes qu’il avait lui-même employés. Il ne renie pourtant en rien ce qu’il a dit lors de son voyage de retour de La Réunion, et rappelle que l’argument de l’âge avait, en son temps, été utilisé par ce même Jacques Chirac… lors de la campagne présidentielle de 1988, qui l’opposait à François Mitterrand.

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"Ce n’est pas ça, une campagne électorale"

Dernière offensive en date : lundi soir, Jacques Chirac est l’invité de France 2, après le 20 heures. Il revient sur les propos de Lionel Jospin le qualifiant de "vieilli". "Dans un premier temps", réplique le président-candidat, très calme, "ça m’a fait sourire. Et dans un deuxième temps, je n’ai pas souri, pas du tout. (…) J’ai engagé la campagne, j’ai fait des propositions que je croyais utiles, sur l’économie, la santé, l’environnement (…) et qu’est-ce que j’entends ? Des propos sur le physique, le mental, la santé… (…) c’est une technique qui s’apparente presque au délit d’opinion, voire de sale gueule…Je pense que les Français ont droit à autre chose, à un véritable débat digne d’une démocratie. Je m’inquiète de cette dérive, je ne m’associerai pas à cette dérive, et, je le répète, ça ne me fait pas rire du tout."

Pour Jacques Chirac, ces propos sont le signe évident d’une stratégie consistant à l’abattre ; car affirme-t-il, "la gauche a compris que j’étais le seul obstacle à sa mainmise sur le pays". Fustigeant "la rumeur, la calomnie", le président-candidat déplore qu’il soit " si facile de substituer l’attaque personnelle au débat d’idée" et assène un définitif : "ce n’est pas ça, une campagne électorale".

Par Franck LEFEBVRE le 12 mars 2002 à 20:57
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