Bayrou trahi par les siens

Par Franck LEFEBVRE, le 03 mars 2002 à 21h30 , mis à jour le 02 mars 2002 à 21h45

Les délégués du parti radical valoisien, composante de l'UDF, réunis samedi pour un vote extraordinaire, se sont massivement ralliés à la candidature de Jacques Chirac. François Bayrou, pourtant candidat de l'UDF, se retrouve un peu plus marginalisé dans la perspective de la présidentielle.

vote parti radical © INTERNE

Certes, le vote du parti radical valoisien n’est en rien une surprise. Mais si la décision de ses 400 délégués était attendue, elle ajoute un peu au naufrage de François Bayrou. Car samedi, à une large majorité, la composante radicale de l‘UDF a choisi de se tourner vers Jacques Chirac. Bayrou, au plus bas dans les sondages (il culmine à 3% des intentions de vote) et déjà lâché par de nombreux parlementaires centristes, se retrouve à la tête d’un parti qui s’effrite sous ses pieds.

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Les chiffres sont éloquents : lors du vote de samedi, 72 % des délégués ont choisi Jacques Chirac pour les représenter lors de l'élection présidentielle ; François Bayrou, pourtant candidat de l’UDF, n’a recueilli que 28% des voix. Les arguments des votants sont tout aussi révélateurs : "Jacques Chirac est celui qui pourra remettre de l'ordre dans la boutique (…), mettre un terme à l'expérience gouvernementale des socialistes et de leurs alliés" et "créer les conditions d'une victoire de l'opposition républicaine", a déclaré le président du Parti radical, François Loos. En clair : François Bayrou a été pesé dans la balance, et trouvé trop léger… Dernier coup de poignard dans le dos : le communiqué publié à l’issue du vote de samedi indique que le président de l'Union en Mouvement, Renaud Dutreil, et François Loos ont clos ensemble les travaux du congrès en souhaitant l'union de toute la droite pour l’élection.

Face à la fronde, le président de l’UDF fait pourtant preuve d’une belle combativité. Au matin même du vote, invité d'Europe 1, il a affirmé : "l'idée qu'on puisse enrôler tous les Français à l'intérieur du même parti, obéissant à la même direction et soutenant le même homme est une idée absurde et nuisible". Et le candidat centriste de marteler qu’une futur majorité de droite "doit avoir deux pôles" et qu’il "exigera le respect". Une ardeur apparemment intacte qu’explique sans doute "l’effet Toulouse". Ironie du sort, c’est une semaine à peine après son apparition à la convention de l’UEM, où il n’avait pas hésité à braver les militants RPR pour défendre une fois encore l’idée d’une droite nécessairement bicéphale, que François Bayrou perd l’appui du parti radical.

Photo d'ouverture : le vote des délégués du parti radical, samedi - DR

Par Franck LEFEBVRE le 03 mars 2002 à 21:30
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