© INTERNE22 mai 1999. Un ami d’Artie et Marianne van Hulst se rend à La Boupillère, la résidence secondaire que ce couple de notables néerlandais âgés de 51 ans possède à Monfort, près de Auch, dans le Gers. Il y découvre un véritable carnage. Les deux propriétaires, venus passer quelques jours de vacances, la sœur de Marianne, Dorothéa, et son mari, Johan Nieuwenhuis, gisent dans différents endroits de la maison.
Les autopsies détermineront que Artie a été abattu de quatre coups de feu dans son atelier. Les femmes, ligotées avec du ruban adhésif, ont quant à elles été égorgées dans des chambres. Pieds et poings entravés, Johan Nieuwenhuis, également égorgé et torturé à coups de couteau, est retrouvé dans la cuisine.
Très vite, la gendarmerie remarque que seize cartes bancaires ont été volées aux victimes. Certaines, appartenant aux van Hulst, avaient fait l'objet de tentatives de retrait suspectes les jours précédant la tuerie. Après, de multiples tentatives ont été enregistrées mais seules les cartes des Nieuwenhuis ont fonctionné.
Pas de preuves formelles
Dans un premier temps, l’enquête s’égare sur la piste de l'Allemand Dieter Zurwehme, surnommé "le tueur fou" et interpellé depuis dans son pays. Elle se concentre ensuite sur Kamel Ben Salah. Ce peintre franco-tunisien de 37 ans, connu des services de police pour dealer de la résine de cannabis, travaillait au noir chez les victimes. Dès le lendemain du drame, il contacte la gendarmerie en indiquant qu'il pense être le dernier à les avoir vues vivantes. Il est finalement arrêté puis écroué le 24 juin 1999 –il a tenté depuis de se suicider cinq fois. La principale charge à son encontre réside dans le fait qu’il se serait plusieurs fois trouvé à proximité des distributeurs de billets utilisés par le ou les assassins.
Malgré tout, le carnage garde une partie de son mystère. L’enquête n’a pas déterminé clairement ni le mobile ni le déroulement précis des faits. Face à l'accusation, Kamel Ben Salah n'a jamais plié, opposant une succession de coïncidences. Les expertises scientifiques n'ont pu prouver de manière irréfutable son implication, même si son ADN et deux empreintes ont été retrouvés sur du ruban adhésif qui a bâillonné une victime. Mais c’est aussi ce ruban qu'il utilisait pour les travaux de peinture à la Boupillère.
Dix journées d'audience, durant lesquelles plus d'une cinquantaine de témoins et de nombreux experts doivent être entendus, sont prévues pour le procès. Le verdict est attendu le 5 avril.
(photo : Kamel Ben Salah à l'ouverture du procès)
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