© INTERNEIl aura donc fallu attendre un mois après l’annonce officielle de sa candidature pour voir Jacques Chirac monter sur scène. Bien sûr, le président-candidat avait déjà effectué plusieurs déplacements "thématiques". Mais il n’avait pas encore retrouvé l’ambiance des grands meetings. Et comme Lionel Jospin la semaine dernière à Lille dans un fief de la gauche tenu par Martine Aubry, créatrice des 35 heures, le locataire de l’Elysée avait choisi une ville symbole pour son camp : Marseille.
Lors des dernières municipales, la droite, sous l’impulsion de Jean-Claude Gaudin, avait gardé la cité phocéenne grâce à son union, bien loin des divisions dévastatrices de Paris et Lyon. Pour bien symboliser cette union, plusieurs poids lourds (Michèle Alliot-Marie, François Fillon et Nicolas Sarkozy pour le RPR, Philippe Douste-Blazy et Nicole Fontaine pour l’UDF et bien sûr, Antoine Rufenacht, le directeur de campagne, et Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, pour DL) avaient fait le déplacement sur le Vieux-Port.
Au son des "Chariots de feu"
C’est sur la musique des "Chariots de Feu", du compositeur grec Vangelis, que les 8 000 fidèles présents au Dôme ont vu débouler leur champion, nanti désormais du slogan "La France en grand, la France ensemble ". Après que Renaud Muselier et Jean-Claude Gaudin ont chauffé la salle en tapant sur Lionel Jospin, Jacques Chirac a soigneusement évité de prononcer le nom de son principal adversaire. En revanche, tout au long des 45minutes de son discours, il s’est lancé dans une diatribe contre ce qu’il nomme "l’idéologie socialiste, dont la France est le dernier refuge en Europe".
Au menu de ce retour au classique clivage droite-gauche : la sécurité et l’économie. Comme à Garges-lès-Gonesse ou lundi sur France 2, le candidat du RPR a lancé que c'est "une certaine naïveté, un certain angélisme qui ont prévalu" sous le gouvernement Jospin en matière de lutte contre l’insécurité. Et a réaffirmé que "l’impunité zéro" était la condition sine qua non pour que "la délinquance régresse et que la violence s'apaise". Il a également formulé d'autres propositions, comme un "travail de veille en réseau" associant tous les acteurs de la vie sociale, des parents aux policiers.
"Pas d’ambition personnelle"
Au plan économique, il a comme à son habitude fustigé les 35 heures, dont il faut, selon lui, éviter "une approche théologique". "La réduction du temps de travail pose un vrai problème si elle est imposée à tous à l'identique", a-t-il dit, "sans prendre en compte la diversité des entreprises et des emplois, la diversité des souhaits des salariés".
Jacques Chirac a enfin affirmé à ses supporters être "heureux de vivre avec (vous) cette campagne ". Avant de conclure : "Je l'aborde libéré de toute ambition personnelle. Je l'aborde habité par la seule passion de la France". Et de sous-entendre : ce n’est pas le cas de Lionel Jospin…
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