© INTERNE"Il y a déjà un certain temps que la gauche a parfaitement compris que j'étais le seul obstacle à la mainmise totale par la gauche sur notre pays. Et par conséquent, elle a engagé une stratégie consistant à essayer de m'abattre en concentrant sur moi tous ses efforts et ceci, par tous les moyens". Voilà qui donne la tonalité de l’intervention de Jacques Chirac, lundi soir, sur France 2. Une offensive en règle : que ce soit sur le déroulement de la campagne électorale ou sur le bilan du gouvernement de Lionel Jospin ("le candidat du Parti socialiste"), le président-candidat n’a pas ménagé ses attaques.
Ce lundi, Chirac a tenu à se montrer combatif, tout à l’opposé du portrait qu’avait fait de lui Lionel Jospin. Le ton est acide, le sourire crispé, le vocabulaire très dur… Sur les propos du Premier ministre à son retour de La Réunion : "une technique qui s’apparente presque au délit d’opinion, voire de sale gueule", et qui ne convient pas à une campagne électorale : "les Français ont droit à une certaine dignité". Sur le bilan de la gauche : "aucune des réformes nécessaires n’a été faite". Pour Jacques Chirac, le gouvernement actuel n'a pas "la volonté politique" de s'attaquer à l'insécurité, et, malgré "une croissance exceptionnelle" depuis quatre ans, "la pauvreté n'a pas diminué". Même la "méthode Jospin" est jugée sévèrement : "une méthode autoritaire, idéologique, socialiste", "un système clos", par lequel le gouvernement a "effacé le dialogue social".
"Est-ce que c'est ça l'indépendance de la justice ?"
Et lorsqu’on évoque les "affaires", Chirac s’en prend au "battage" fait autour du livre du juge Halphen : "ce livre devait ébranler la République, mettre la France dans une situation tout à fait extraordinaire, avec des révélations… Le livre est paru, et cela n'a pas ébranlé grand'chose (…) En revanche, on a entendu le juge Halphen, je dois dire avec une certaine ingénuité, expliquer qu'il avait rendez-vous en cachette à l'Assemblée nationale avec le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, dans le bureau de M. Montebourg, comme par hasard, pour évoquer sa carrière politique (...) Est-ce que c'est ça vraiment l'indépendance de la justice, est-ce que c'est vraiment sérieux?"
Dans cette intervention résolument offensive, Chirac aura tout de même développé une nouvelle fois son programme en matière de sécurité, de croissance et d'emploi, rétorquant à ceux qui le taxent de "promesses mirobolantes" que ces mesures sont "cohérentes avec une croissance telle qu’elle est prévue aujourd’hui par les organisations internationales". Et, pour la première fois, Jacques Chirac se dit favorable à une réforme de la Constitution sur le statut pénal du chef de l'Etat, "mais à condition que ça se fasse dans la sérénité et dans le sérieux" car "il s’agit des fondements mêmes de la République".
Photo d'ouverture : Jacques Chirac, lundi soir sur France 2 - DR
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