Chirac et Jospin durcissent leurs propos

Par M. D., le 11 mars 2002 à 07h00 , mis à jour le 10 mars 2002 à 20h25

La campagne présidentielle prend un nouveau ton. Dans l’avion qui le ramenait de La Réunion, Lionel Jospin a décrit Jacques Chirac comme "fatigué, vieilli". Le candidat-président dénonce lui, ce matin, des méthodes "de tous les extrémismes et de tous les fascismes".

MM. Chirac et Jospin | Archives AFP © INTERNE

Il fallait s'y attendre. Contrairement à ce que les candidats Jospin et Chirac et leur entourage promettaient il y a encore quelques jours, la campagne présidentielle ne sera pas "propre". Aux piques d'hier, ont succédé depuis 48 heures des attaques vives.

Un président "fatigué, vieilli"

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Entre samedi et dimanche, dans le vol qui le ramenait de La Réunion après une visite-marathon de quelques heures, Lionel Jospin s’est épanché devant quelques journalistes. Dans la discussion, il a notamment été question de Jacques Chirac, décrit comme "fatigué, vieilli, victime  d'une certaine usure dans l'exercice du pouvoir", ou encore comme "marqué par la passivité". En clair, "il est temps"… temps que l’actuel président cesse de présider. Des propos mûrement réfléchis, semble-t-il, puisque sitôt après ces remarques aigres-douces, un membre de l’équipe jospinienne a glissé, mine de rien, aux journalistes présents : "tout cela n'est pas ‘off’, nous sommes en campagne".

Alors, attaques personnelles ? Jospin s’en défend. Il estime d'ailleurs que le libéral Alain Madelin a dit des choses "encore plus  dures" que lui. S'il "concentre" le tir sur le président sortant, c'est parce qu'il est son  "adversaire principal". Il considère d'ailleurs que le candidat RPR  "cannibalise" ses concurrents de droite. "Il s'en nourrit, mais ça l'appauvrit  et il n'aura plus de réserves" pour le second tour, pronostique Lionel Jospin. Avant de glisser quelques nouvelles piques sur l'utilisation par Jacques Chirac d'un  prompteur, illustration selon lui de sa façon de "duper" les Français…

"Une approche très idéologique de la politique"

Jacques Chirac non plus, ne mâche pas ses mots : dans une interview publiée lundi par Le Figaro, il juge "inacceptable (...) l'instrumentalisation des affaires à des fins politiques", en affirmant que ces "méthodes sont celles de tous les extrémismes et de tous les fascismes". "Ces campagnes haineuses nous renvoient à des époques peu glorieuses de notre passé, des époques que l'on croyait révolues. Il y a loin de la haine à la vérité. On ne trouve jamais la vérité dans les poubelles", poursuit-il.

Constatant que "certains candidats privilégient l'agressivité, l'arrogance et le mépris sur la proposition et la réflexion", le candidat-président "invite chacun à garder son sang-froid". Et de reprocher à Lionel Jospin de ne pas exprimer d'idées mais de "formuler surtout des attaques". "Le Premier ministre conserve une approche très idéologique de la politique", insiste-t-il.

Par M. D. le 11 mars 2002 à 07:00
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