Jospin alpagué par les "Danone"

Par F.A., le 14 mars 2002 à 17h41 , mis à jour le 13 mars 2002 à 17h50

Le Premier ministre-candidat, en déplacement mercredi après-midi à Evry pour présenter ses propositions pour la recherche, a été pris à parti par les salariés de Danone-Lu. Menacés de licenciement, ils n’ont pas ménagé l’hôte de Matignon.

jospin evry danone © INTERNE

Lionel Jospin ne s’attendait sûrement pas à un tel accueil au Génopole d’Evry, dans l’Essonne. Pour son deuxième déplacement thématique, le candidat du Parti socialiste était venu planché sur la recherche. Mais c’est en Premier ministre gérant les problèmes quotidiens d’emploi qu’il a été reçu.

Le comité d’accueil était constitué de deux délégations, l'une de personnels d'aide à domicile de la CFDT et l’autre de salariés de l’usine d’Evry-Ris Orangis de Danone-Lu, inquiets de leur avenir en raison des menaces de licenciements qui pèsent sur l’entreprise. Le plan de restructuration du groupe alimentaire, annoncé brutalement au printemps dernier, prévoit  au total 1 780 suppressions d'emplois, dont 570 en France. Le Premier ministre-candidat a pris le temps de dialoguer avec les deux groupes. Si la discussion avec les aides à domicile s’est bien déroulée, l’échange a été plutôt houleux avec les représentants de Danone-Lu.

Lionel Jospin a défendu sa loi de modernisation sociale en rejetant l'idée de nationaliser dès qu'il y a un plan social. Il a expliqué que le texte –censuré partiellement par le Conseil constitutionnel- a justement été durci précisément pour "tirer les leçons" du "conflit" chez Danone. Il a rappelé qu’il oblige les entreprises à "discuter" avec les syndicats. La réponse d’un salarié menacé a fusé  : "Ce sont des mesurettes. On va être virés comme des chiens, on est viré pour qu'ils gagnent encore plus d'argent. Qu'est ce que le gouvernement attend pour faire des choses ?"

Agacement

Un autre a demandé la réquisition des entreprises qui licencient. "Si à chaque fois qu'il y a un plan social, il faut nationaliser..." a alors répliqué le Premier ministre. Avant d’être une nouvelle fois acculé : "Est ce que c'est le gouvernement ou les patrons qui commandent. On se demande s'il ne vaut pas mieux avoir directement les patrons devant nous et qu'on vote pour eux". "Essayez cette solution" a finalement répondu Lionel Jospin, visiblement un peu agacé.

Après cet épisode dont il se serait bien passé, le candidat a repris le cours normal de son programme : visite des laboratoires high tech du Génosope, rencontre avec des jeunes chercheurs au Génocentre, puis discours sur ses orientations en matière de recherche devant des professionnels et des élus.

Par F.A. le 14 mars 2002 à 17:41
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