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Socialiste… ou pas ?
"Les électeurs de gauche savent que je suis socialiste", a assuré le Premier ministre, "je l’ai suffisamment prouvé en cinq ans de gouvernement". Le Premier ministre-candidat a souhaité accorder "la même attention" à "ceux qui créent, qui innovent, qui ont des postes sûrs, des salaires" qu'à ceux "dont les revenus sont plus faibles, dont la situation est plus précaire". Lionel Jospin a néanmoins souhaité s'adresser "à l'ensemble des Français et pas seulement à une catégorie de Français (…) Ma démarche est une démarche de réconciliation, une démarche de compromis entre ces deux France, si la France est duale", a-t-il dit, même si selon lui "il n'y a qu'une France et tous les Français doivent mériter la même attention".
Bilan… et perspectives
Principal regret : l'insécurité a progressé
"L’insécurité a progressé durant ces 5 années – une tendance commencée avant nous, mais que nous n’avons pas enrayée. Nous avons nommé plus de policiers, d’éducateurs… Mais j'ai péché par naïveté (...) Je me disais que si on faisait reculer le chômage, on ferait reculer l'insécurité. Or 928.000 personnes ont retrouvé un emploi et cela n'a pas d'effet direct sur l'insécurité. Il est clair que la sécurité pour moi est un défi prioritaire. Cela passe par une responsabilité de l'Etat assumée, cela passe par un changement peut-être de structure, avec un grand ministère de la sécurité publique, cela passe par des moyens accrus. Cela passe par une action résolue contre la délinquance des jeunes, pas de tous les jeunes - il ne s'agit pas de stigmatiser les jeunes qui parfois se plaignent de cela - mais d'un certain nombre de jeunes violents".
Autres regrets : "la réforme de la justice, empêchée par l’opposition", et "le dossier des retraites qui n’a pas été abordé au fond. Ce sera le premier grand dossier social de la prochaine législature. Jacques Chirac parle de fonds de pension individuels. Nous, nous parlons d'une épargne salariale collective qui serait sous le contrôle des syndicats".
La mondialisation :
"Ce que j’aime dans mon pays, c’est sa capacité à rester original. Je dis dans mon ouvrage (1) qu’il y a un triple ressort : national, européen, et universaliste. La France a une identité et entend la garder, elle n’a pas renoncé à être une nation (…). Le monde est plus difficile à interpréter après le 11 septembre, il n’est plus divisé par blocs ; une chose est sûre : nous devons lutter contre le terrorisme. Mais ce monde est complexe, il y a des disparités de développement considérables ; et la France continue à avoir une vision du monde, continue à avoir une diplomatie". Elle a son rôle à jouer pour "lutter contre l’uniformisation du monde".
Les 35 heures :
Les femmes :
"Nous avons conquis avec elles la parité politique, au moins pour les élections de listes. Des progrès doivent être faits dans l’égalité professionnelle et l’égalité des salaires. Il y a d’autres dossiers qui apparaissent, sans doute parce que le poids des non-dits s’estompe : notamment le dossier des violences."
L’homme et le candidat
Passé trotskiste :
"Il ne s'agissait pas d'un délit, il s'agissait d'une opinion". Lionel Jospin a rappelé que son engagement dans les rangs de l'Organisation communiste internationaliste datait du "début des années 60, où le contexte politique, idéologique était profondément différent".
Chirac :
"Je n'ai jamais pris en cinq ans l'initiative d'une critique ou d'une attaque contre Jacques Chirac", a assuré Lionel Jospin. "L'inverse n'a pas été vrai."
Chevènement :
Comment réagit-il face au rendez-vous de la présidentielle, dans 2 mois ?
(1)
Le temps de répondre, Editions Stock, 281 pages, 15 eurosPhoto d'ouverture : Lionel Jospin au 20 heures de TF1, dimanche soir - DR
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