© INTERNEJeudi, 20h30, à Lille. Plus de 12 000 militants socialistes sont entassés sous le chapiteau loué pour l’occasion. "Ensemble", la chanson de Jean-Jacques Goldman devenue hymne de campagne résonne, cornes de brume et sifflets battent le rythme, deux mots s’extirpent de la masse compacte des militants : "Jospin Président". C’est devant un parterre galvanisé que Lionel Jospin a entamé hier soir son premier grand meeting de campagne. Sur la scène, derrière lui, ses cinq engagements "Une France active, sûre, juste, moderne et forte" illuminent le fond rouge. C’est parti pour une heure dix de prêche. S’érigeant en tribun, le Premier ministre–candidat a construit son discours autour d’une offensive sévère à l’encontre de Jacques Chirac, désormais nommé "candidat du RPR". Tour à tour incisif, mordant, humoriste, Lionel Jospin a souhaité placer le duel présidentiel à venir sous le sceau de la "vérité".
Pas de "mystification politique" bis
Les Français ne doivent pas être "abusés une seconde fois" a claironné le Premier ministre-candidat. "En 1995, l'élection présidentielle a été faussée par une véritable mystification politique. L'élection présidentielle de 2002 doit donc être une élection de vérité". Il a accusé le président sortant de vouloir "esquiver le débat de cette campagne, faire oublier les promesses fallacieuses de 1995 (...), ne pas avoir à rendre compte du vide d'un septennat". "Quand il était président de la République, il était en permanence candidat. Maintenant qu'il est candidat, il voudrait qu'on ne voie en lui que le président de la République", a ironisé Lionel Jospin selon lequel "il faut que chacun accepte l'air vif de la campagne, l'air vif de la démocratie, Jacques Chirac y compris".
Et de matraquer les pratiques chiraquiennes. "Des meetings secrets et un candidat qui lit un prompteur, je n’avais jamais vu ça dans une grande démocratie".
Le "cynisme" de Chirac épinglé
Abordant le volet sécuritaire, Lionel Jospin a dénoncé la "manipulation tout à fait grossière" du "candidat RPR" quand il a affirmé mercredi que la "naïveté" confessée dimanche sur TF1 par le Premier ministre à propos de l'insécurité était une "faute". Ce n’est "pas honnête" de sa part insiste-t-il. "Cette façon d'exploiter la question d'insécurité renvoie en réalité à un autre terme qui est celui du cynisme", le cynisme "de proposer le contraire de ce qu'on a fait hier", "de jouer avec les peurs (...) pour en faire les instruments de la conservation d'un pouvoir dont on sent qu'il vous échappe".
Et d’élargir son attaque. Sur le plan économique, son adversaire "accumule les promesses contradictoires" qui "
l'enferme dans un triangle impossible" : "baisse des recettes, augmentation des dépenses, réduction des déficits". Jacques Chirac qui avait marqué sa précédente intervention publique par un appel au "respect" dans cette campagne va certainement devoir revoir sa stratégie. Peut-être même dès aujourd'hui à l'occasion de son déplacement à Montauban. Ce soir, Lionel Jospin remontera sur scène, au Palais des sports de Paris, à l'occasion de la la soirée "2002 femmes".Sylviane Agacinski, épouse de Lionel Jospin, sera l’invité ce soir du journal de 20 heures de TF1, à l’occasion de la journée de la femme.
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