© INTERNESi l’on pouvait en douter encore, les propos de Lionel Jospin, lundi soir, sont sans ambiguïté : la campagne présidentielle a bel et bien pris un tournant. En l’espace de deux jours, elle est devenue nettement plus offensive. Invité à 18 heures de France Info, le Premier ministre candidat s’est expliqué sur ses propos de dimanche décrivant un Jacques Chirac "fatigué, vieilli, victime d'une certaine usure dans l'exercice du pouvoir". Des propos qu’il n’a nullement cherché à relativiser : "C'était ce que vous appelez du "off", d'habitude. C'est à ce propos que j'ai fait effectivement référence à des phénomènes d'usure", a expliqué Jospin.
Interrogé sur le fait de savoir si "l'âge du capitaine" pouvait être un argument électoral, il a répondu : "Jacques Chirac lui-même avait dit à propos de François Mitterrand, à Limoges, en 1988, lors de l'élection présidentielle : nous avons besoin d'un homme qui ait de l'énergie, la perception de l'avenir et les idées claires. Il faudra un homme qui ait de l'énergie et de la force, y compris de la force physique". Et le Premier-ministre candidat de souligner qu’il ne s’agissait alors nullement de propos tenus dans une banale conversation, mais d’une opinion ouvertement affichée…
"Je me tiens à l'écart"
Par ailleurs, Lionel Jospin a lancé une nouvelle attaque contre Jacques Chirac. Il a en particulier jugé "très graves" ses propos dénonçant, au sujet des affaires, des "méthodes (qui) sont celles de tous les extrémismes et de tous les fascismes". Une phrase qui répondait directement à une interview publiée le matin-même par Le Figaro, dans laquelle Chirac fustigeait "ces campagnes haineuses" et affirmait qu’on "ne trouve jamais la vérité dans les poubelles".
Lionel Jospin a expliqué que Jacques Chirac faisait "référence à des affaires judiciaires qui sont en cours et qui concernent des gens qui appartenaient à sa famille politique. Evoquer de sa part des méthodes fascistes ne peut que concerner, soit la justice, soit la presse, parce que la justice enquête et que la presse parle de ces affaires. Nous, nous n'en parlons pas. Moi en particulier, je me tiens à l'écart. J'ai trouvé ces propos quand même très graves et sans commune mesure" avec la déclaration que lui-même a faite aux journalistes dans l'avion qui les ramenait de la Réunion.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



