L'offensive de Jospin

Par Christophe ABRIC, le 08 mars 2002 à 22h53 , mis à jour le 07 mars 2002 à 23h05

Lors de son premier grand meeting, à Lille, Lionel Jospin est revenu sur la polémique sécuritaire qui l'oppose à Jacque Chirac. Il a taxé la droite de cynisme et a expliqué qu'on avait manipulé ses propos. Il a également souhaité que les Français "ne soient pas abusés une seconde fois".

Jospin souriant à Lille © INTERNE

A peine le pied posé en terre lilloise, Lionel Jospin était en campagne. En hors d'œuvre de son premier grand meeting, sur le quai de la gare, il a déclaré aux journalistes : "L'élection de 1995 a été une mystification politique et donc l'élection présidentielle de 2002 doit être un moment de vérité. C'est une des choses que je dirai ce soir". En doutait-on que le Premier ministre l'a confirmé ce soir : la campagne a commencé, et elle a pris une tournure plus agressive.

10.000 à 15.000 personnes

Sous un grand chapiteau, Lionel Jospin est ensuite arrivé à son meeting dans une ambiance survoltée. Entre 10.000 et 15.000 personnes (selon la police) l'attendaient. Le Premier ministre-candidat a mis plusieurs minutes pour parcourir les 200 mètres qui le séparait de la tribune, savourant visiblement le moment et serrant les mains de nombreuses personnes dans la foule. Arrivé sur la scène, il s'est juché sur son siège pour saluer la foule.

Son long discours a eu plusieurs visages : l'hommage à son équipe ministérielle (il les citera un par un), la défense de son bilan, le développement de son slogan ("présider autrement"), et la poursuite de la bataille avec Jacques Chirac.

"Cynisme"

Cela a d'abord commencé avec un retour sur la "mystification", dans laquelle Lionel Jospin a souhaité que les Français "ne soient  pas abusés une seconde fois".

Puis, il est revenu sur la pique lancée la veille par le Président sur sa "naïveté" en matière d'insécurité. Il a relu "précisément" ce qu'il avait dit lors de son intervention sur TF1, pour expliquer ensuite qu'il n'était pas "honnête de la part de M. Chirac d'affirmer de ma part une prétendue naïveté sur les questions d'insécurité". "Je ne crois pas que les Français me prennent pour un naïf", a-t-il poursuivi, ajoutant : "je ne vois pas en quoi la droite pourrait remettre en question notre volonté d'action. (…) Les chiffres sont clairs, et ils parlent pour ceux qui ont agi". Il a conclu sur le sujet en affirmant que "cette façon d'exploiter la question d'insécurité renvoie en réalité à un autre terme qui est celui du cynisme", le cynisme "de proposer le contraire de ce qu'on a fait hier", "de jouer avec les peurs non pas pour les conjurer mais pour en faire les instruments de la conservation d'un pouvoir dont on sent qu'il vous échappe".

"Tenir ses engagements"

Lionel Jospin a également égratigné Jacques Chirac sur sus propositions : "Il n'y a pas de conduite d'un pays sans faire de choix. Jacques Chirac, comme d'habitude, n'en fait pas. Il fait à la place, des propositions contradictoires". Et le Premier ministre de citer les promesses de son concurrent sur la baisse des impôts, la réduction de la dette publique et l'augmentation de certains budgets.

Il a ainsi introduit son thème, "présider autrement", en insistant sur l'importance de "tenir ses engagements", de "ne pas se résigner au déclin du politique", de garder "un esprit responsable". Il a fini son discours par un "Vive la France !", avant d'être rejoint par son équipe sur la scène. Demain, Lionel Jospin interviendra à la soirée "2002 idées de femmes", au Palais des sports de Paris.

Par Christophe ABRIC le 08 mars 2002 à 22:53
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