Réponse aujourd'hui pour Patrick Dils

Par A.G., le 21 mars 2002 à 14h42 , mis à jour le 19 mars 2002 à 14h53

Patrick Dils saura finalement s'il pourra comparaître libre lors de son troisième procès en assises pour le meurtre de deux enfants en septembre 1986, qui doit se dérouler en avril.

Patrick Dils © INTERNE

1989 : Patrick Dils, 31 ans, est condamné à la réclusion à perpétuité pour les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Beckrich. Deux garçons de huit ans retrouvés le crâne fracassé en septembre 1986 à Montigny-lès-Metz en Moselle. En avril 2001, sa condamnation a été annulée par la Cour de révision en raison de la présence sur les lieux du crime du tueur en série Francis Heaulme. Rejugé en juin 2001, Patrick Dils a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle par les assises de la Marne. Il a fait appel du verdict.

Dils assistera-t-il librement à son procès ?

Le prochain et dernier procès de Patrick Dils se déroulera aux assises de Lyon du 8 au 24 avril prochain. Sa seule chance d'arriver libre à son troisième procès repose sur la décision de la Cour de cassation sur le pourvoi formé par la défense contre les deux arrêts de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon rejetant les demandes de mise en liberté de l'accusé.

Lors de l'audience qui s'est déroulée mercredi, l'avocat général s'est déclaré favorable à la cassation, tout en reconnaissant que cela serait "sans conséquence" puisqu'un réexamen d'une remise en liberté aurait peu de chance d'aboutir avant le début du nouveau procèsL'avocat général a estimé que la Cour de cassation pouvait casser le premier arrêt refusant la publicité des débats, et par voie de conséquence, le second arrêt qui refuse la remise en liberté.  La Cour de cassation rendra finalement sa décision jeudi.

Par ailleurs, si Patrick Dils en exprime la demande, l'audience pourra être publique, contrairement aux deux autres. La nouvelle loi sur la présomption d'innocence permet en effet à un accusé, mineur au moment des faits et devenu majeur à son procès, de demander la publicité des débats.

L'ombre d'Heaulme

A un mois de son nouveau procès, un rapport de synthèse de gendarmerie, demandé par Jean-Marc Florand, avocat de Patrick Dils, a fait rebondir l'affaire : des "analystes criminels" ont débusqué des "similitudes évidentes" entre les circonstances de la lapidation des deux garçonnets âgés de huit ans et celles de huit autres procédures criminelles dans lesquelles Heaulme est impliqué. Les enquêteurs relèvent notamment que Heaulme a été admis en hôpital psychiatrique peu de temps après le crime, ce qui, jugent-ils, constitue "une constante comportementale qui peut être assimilée à une signature criminelle". "Un faisceau de présomptions est réuni à l'encontre de Francis Heaulme le situant sur les lieux du crime avant la tombée de la nuit", assure encore le document dont le quotidien régional a pu se procurer une copie. Ils mettent également en valeur le témoignage, tardif, d'un pêcheur qui a affirmé avoir "recueilli" Francis Heaulme, "le visage ensanglanté".

Quant à Patrick Dils, les enquêteurs émettent de "nouveaux doutes" sur sa présence sur les lieux du crime à l'heure retenue par l'accusation. Selon les gendarmes, il n'a pu atteindre la voie de chemin de fer, où les corps des deux enfants ont été retrouvés, sans se faire repérer par l'un des six témoins identifiés entre 18H20 et 18H50.

Par A.G. le 21 mars 2002 à 14:42
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